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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 23:45

Le Seuil, paru en août 2014, 211 pages, 18 €.


Fin des années 1930. Le stalinisme triomphe en Russie, le fascisme en Europe, les révolutionnaires sont traqués, il est bien « minuit dans le siècle ». Pourtant, le Mexique, par l’action de son président Lazaro Cárdenas, ouvre ses portes aux indésirables de tout poil. Parmi les plus célèbres exilés, Léon Trotsky et l’écrivain Malcolm Lowry, auteur de « Au-dessous du volcan ».

C’est à travers les destins croisés de ces deux figures que l’auteur retrace la vie et l’ambiance de ce Mexique hétéroclite et bigarré. On croise au fil des pages Bernard Traven, Diego Rivera, Frida Kahlo et André Breton, les écrivains Antonin Artaud, Ernest Hemingway et Maurice Nadeau. Bref, tous ceux qui ont trouvé dans ce pays une terre d’asile et d’inspiration.

Avec son Viva, Patrick Deville nous transporte dans une autre époque, dangereuse et bouillonnante. Si les nombreuses références au milieu révolutionnaire peuvent paraître rebutantes pour les non-initiés, on se laisse facilement prendre par l’ambiance que retranscrit l’auteur.

 

http://referentiel.nouvelobs.com/file/8445470.jpg

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 23:41

Les films consacrés à la première guerre d’Indochine (1946-1954) qui se termina par la cuisante défaite de Dien Bien Phu infligée par les Vietnamiens à l’impérialisme français, sont assez rares. Erick Zonca s’est attaqué à un sujet qui n’avait jamais été traité par le cinéma français : les déserteurs de l’armée française qui ont choisi de rejoindre les rangs du Vietminh par conviction anticolonialiste. Il lui a fallu aussi une certaine audace pour montrer les exactions de l’armée française : villages brûlés, bombardements, exécutions sommaires. Son film met également en lumière le fait que la pophttp://fr.web.img5.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/pictures/14/08/19/14/25/293941.jpgulation soutient massivement le Vietminh.

Toutefois, il insiste souvent davantage sur les atrocités commises par les Vietnamiens, sans doute réelles, que sur celles perpétrées par le corps expéditionnaire colonial. Le jeune sergent rallié au Vietminh paraît aussi un peu naïf et son cas semble exceptionnel. En réalité, d’assez nombreux résistants communistes français engagés dans l’armée pour combattre le nazisme puis envoyés en Indochine contre les Japonais passèrent de l’autre côté, comme le rapporte le livre de Jacques Doyon [2] dont Zonca s’est peut-être inspiré. La chute du film, enfin, est ambiguë, dans la mesure où elle semble renvoyer dos à dos le militaire qui a choisi le camp des Vietnamiens et celui qui reste fidèle à l’armée française. En dépit de ces lacunes, Soldat blanc a le mérite de revenir sur cette page sanglante du colonialisme tricolore.

 

[1] Diffusé sur Canal + et bientôt disponible en DVD.

[2] Les soldats blancs de Ho Chi Minh, Jacques Doyon, Fayard 1973.

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 23:36

 


Fondé sur une histoire vraie, le film dépeint la rencontre en 1984-1985 entre un groupe d’activistes gays et lesbiennes londoniens, qui a réuni des fonds pour aider les mineurs en grève contre Margaret Thatcher, et les mineurs d’un petit village du Pays de Galles auxquels ils apportent leurs dons. Malgré les préjugés réciproques, une alliance inédite va s’établir.

Un film à placer dans la lignée de Virtuoses , qui dépeignait lui-aussi la lutte des mineurs contre la fermeture des mines. Il est aussi poignant, avec plus d’humour... mais avec une fin très inattendue et qui donne vraiment la pêche, malgré la défaite des mineurs après un an de grève.

À voir et à faire voir d’urgence car ce film est sorti en France le 17 septembre.

 

 

http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2014/8/27/1409140644856/The-real-thing-LGSM-membe-009.jpg

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 22:53

Polars

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41kWqcZH76L._.jpg



- Le jardin des puissants

Bruno Jacquin

Éditions Les 2 encres, octobre 2013, 264 pages, 18 €.


Un journaliste rencontre par hasard dans un village équatorien un ancien mercenaire britannique malade. En échange de soins, celui-ci va lui raconter une mystérieuse opération à laquelle il a participé. John Woodcock est le seul rescapé d’un commando chargé de massacrer des villageois nigériens présentés comme des terroristes. Après ce forfait, il n’a échappé que de justesse à l’extermination de son groupe par... l’armée française. Témoin gênant, il s’est donc réfugié en Amérique latine. Aidé d’un confrère britannique, le journaliste va donc se lancer dans une enquête dangereuse, qui remet en question la version officielle de la mort des villageois peuls. Ce thriller plutôt bien construit met en lumière le cynisme absolu des trusts qui pillent l’Afrique et de leurs hommes de main.



- Les noirs et les rouges

Alberto Garlini

Traduction de Vincent Raynaud

Éditions Gallimard, janvier 2014, 670 pages, 27,50 €.


Stefano, jeune homme révolté, est recruté et manipulé par des groupes néo-fascistes au cours des « années de plomb » italiennes. Utilisé pour mener des attentats sanglants destinés à déstabiliser l’État, dans l’espoir de provoquer un coup d’État militaire et une répression contre l’extrême gauche, il sera éliminé par des commanditaires cyniques, comme on le comprend dès le début. Garlini s’est efforcé d’entrer dans la psychologie des militants d’extrême droite, qu’il décrit avec beaucoup de talent. Il revient à plusieurs reprises sur la période de la fin de la seconde guerre mondiale, qui fut marquée par des affrontements sanglants entre miliciens fascistes et partisans communistes. Le fossé de haine entre noirs et rouges a perduré jusque dans les années soixante-dix, porté par les chemises noires rescapées qui rêvent de revanche. Toutefois, si l’auteur a su faire vivre les « noirs », les « rouges » n’apparaissent pour l’essentiel que comme des étudiants maoïstes non moins violents, dans un roman dont le mouvement ouvrier est singulièrement absent. En dépit de ces choix et d’une certaine fascination parfois déplaisante pour la violence, ces sept cents pages ont du souffle et tiennent le lecteur en haleine.

 

Un roman



- La mélopée de l’ail paradisiaque

Mo Yan

Éditions Points/Seuil, octobre 2008, 425 pages, 7,90 €.


L’auteur évoque la révolte des petits planteurs d’ail, qui éclata en 1987 dans un village du Shandong au nord-est de la Chine, suite à la mévente de leur production et à l’arrogance des bonzes locaux. Il raconte aussi l’histoire tragique des deux amants rebelles, Jinju et Gao Ma. Ce récit brosse le terrible tableau d’une paysannerie pauvre, pétrie de superstitions et prisonnière de traditions archaïques. Cette Chine rurale est sous la coupe de responsables locaux qui rançonnent les malheureux, se servant de la loi pour assurer leur impunité et cacher leur incurie.

Mo Yan, prix Nobel de littérature 2012 et écrivain officiel qualifié par un dissident d’ « apparatchik nobélisé », surprend néanmoins par le contenu subversif de ce roman, achevé en 1987 : un réquisitoire implacable contre la corruption des cadres, la brutalité de la police et les conditions faites aux prisonniers.

 

Une saga



- Les rouges

Pascale Fautrier

Éditions du Seuil, avril 2014, 549 pages, 23 €.


Pascale Fautrier, qui milita brièvement dans le courant dit « lambertiste » du mouvement trotskiste, dans les années quatre-vingts, s’est lancée dans une longue saga, qui débute avec les révoltes du Moyen-Âge pour finir avec l’effondrement des partis communistes staliniens.

La plus grande partie de ce pavé est consacrée à des générations de militants socialistes et communistes qu’elle présente comme ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents. La description de leurs conditions de vie et de leurs réactions aux grands événements qui ont marqué l’histoire du mouvement ouvrier ne manque pas d’intérêt.

En revanche, la dernière partie sombre dans un nombrilisme assez ridicule quand elle évoque sa vie personnelle et ses amours déçus avec... Cambadélis (actuel Premier secrétaire du PS), pour qui elle éprouve une sorte de fascination. Toute une partie du livre est d’ailleurs présentée sous forme de dialogues entre « JC » (Jean-Christophe Cambadélis) et elle. La description des mœurs de ses anciens camarades, dont certains ont fait depuis des carrières de ministres, ne manque pas d’humour mais paraît bien anecdotique par rapport au sujet de son livre. Il est vrai que Pascale Fautrier annonce la couleur avec une couverture qui montre un drapeau rouge en berne et illustre ainsi son propre renoncement.

Elle se revendique aujourd’hui de la « vigilance citoyenne » et se réjouit qu’une révolution n’ait pas porté ses anciens amis au pouvoir. En dépit de ses côtés irritants, son gros pavé n’est pas inintéressant.

 

Témoignage



- Femen

Anna, Inna, Oksana et Sasha, avec la collaboration de la journaliste Galia Ackerman.

Éditions Calmann-Lévy, mars 2013, 270 pages, 17 €.


Cet ouvrage retrace l’histoire individuelle et le combat collectif de ces quatre femmes ukrainiennes à l’origine du groupe international de féministes radicales que sont les Femen, connues pour manifester poitrine nue recouverte de slogans.

Le combat de ces femmes courageuses a commencé sur la Place Maïdan à Kiev, en juillet 2008, pour protester contre les coupures d’eau dans des quartiers entiers de la capitale.... par une baignade collective dans les fontaines de la place. Il a continué et s’est radicalisé. Il a aussi élargi son action pour devenir un combat international contre les religions et les dictatures, en Biélorussie ou en Russie, contre la prostitution et pour le féminisme, y compris en France contre les opposants au « Mariage pour tous » !

En Ukraine même, si les Femen ont vu la « Révolution orange » de Viktor Iouchtchenko d’un œil plutôt favorable et en gardent un « souvenir génial », elles ont déchanté assez rapidement en devenant des opposantes à Ioulia Timochenko (une des figures de la « Révolution orange », oligarque parmi d’autres) et au régime de Viktor Ianoukovitch. Elles semblent actuellement pleines d’illusions sur les bénéfices d’un rapprochement de l’Union européenne avec l’Ukraine.http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRbMo1J2YRJgkyh9cv9FGAdK6a5fNMKpokADqvrwDZip8Z8p0u4hMhWu5k2

Ces quatre Ukrainiennes ont été très influencées par le marxisme et la lecture de « la Femme et le Socialisme » d’August Bebel, dans une période où il était de bon ton de rejeter le marxisme après la fin de l’URSS et l’indépendance de l’Ukraine. Elles ont connu la prison et ont craint pour leur vie, surtout en Biélorussie où elles avaient décidé de faire une action le 19 décembre 2011 pour « commémorer l’anniversaire de la répression  » et soutenir les prisonniers politiques biélorusses. Elles considèrent le combat qu’elles mènent comme du « terrorisme pacifique  », c’est-à-dire un exemple pour alerter et réveiller les consciences. C’est là aussi une des limites de ce mouvement.

Un livre intéressant, vivant, mêlant leur histoire individuelle et leur parcours politique en Ukraine comme à l’étranger.

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 22:48

 


http://lanuitartificielle.files.wordpress.com/2014/06/sans-titre.jpg

Le patron d’une PME de Liège contraint ses salariés à choisir entre le licenciement d’une employée et le renoncement à une prime annuelle de mille euros. L’ouvrière menacée de licenciement va avoir un week-end pour convaincre la majorité de ses collègues de sacrifier leur prime. Sur ce thème d’actualité, les frères Dardenne ont réalisé un mélo social poignant auquel Marion Cotillard apporte beaucoup de présence, de finesse et d’émotion.

 

Toutefois, diverses invraisemblances et incohérences font perdre de la crédibilité à un film qui se veut réaliste. Par exemple, à aucun moment l’ouvrière et son mari n’envisagent d’exiger des indemnités pour ce qui est de toute évidence un licenciement abusif, car il existe en Belgique un Tribunal du travail qui joue le rôle des Prud’hommes en France.

 

Surtout, la morale qui se dégage de cette cruelle histoire n’est pas très claire. Certes le cynisme patronal est dénoncé, mais on éprouve tout de même l’impression que l’acte de solidarité élémentaire consisterait à faire une croix sur la prime, donc qu’il faudrait un peu se serrer la ceinture pour préserver l’emploi, qu’il n’existe aucune autre solution. Pas une voix ne s’élève pour refuser ce choix ignoble et dire ses quatre vérités au patron. On suppose – et on espère ! – que les Dardenne n’ont pas eu l’intention de préconiser des baisses générales de salaire pour sauver l’emploi, mais leur film est très maladroit. Décevant de la part de réalisateurs qui se sont affirmés par leur talent et leur engagement.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 00:10

http://static.guim.co.uk/sys-images/Film/Pix/pictures/2013/7/16/1373970897860/12-Years-a-Slave-film-sti-010.jpg


Ce film est tiré du livre de Salomon Northup [1] publié en 1853. Ce musicien noir vécut libre jusqu’à l’âge de 33 ans où il fut enlevé par des trafiquants au cours d’un voyage à Washington et vendu à des esclavagistes en Louisiane où il travailla pendant 12 ans dans des plantations. À cette époque, la traite négrière était encore pratiquée semi-clandestinement, devenue plus difficile donc plus coûteuse, de sorte que les planteurs du Sud des États-Unis manquaient de main-d’œuvre. Car l’esclavage, lui, n’avait pas été interdit !

Le film de Steve McQueen a le mérite de montrer pour la première fois l’esclavage vu par un esclave, tel qu’il pouvait le vivre, et non de façon plus ou moins paternaliste. Le film montre que l’esclavage ne se résume pas à la cruauté humaine, mais est un système d’exploitation parfaitement adapté aux grandes plantations du Sud des États-Unis. Chaque soir, le planteur fait le bilan de la journée et examine les résultats – le poids de coton – de chacun de ses esclaves et tente de les stimuler en les mettant en concurrence, comme le ferait un patron « ordinaire ». D’ailleurs un salarié blanc et libre est soumis au même traitement.

On pourra regretter que le film, tout comme le livre de Northup, n’avance aucune solution collective, n’évoque aucune action de résistance des esclaves, aucune révolte. La scène au cours de laquelle les esclaves restent passifs, montrant le visage de l’indifférence, alors qu’on torture un des leurs est terrifiante. Le héros, qui s’en tirera de justesse grâce à l’aide d’un charpentier itinérant religieux, doit abandonner ses frères à leur sort. Toutefois, il ne les a pas oubliés. Sitôt rentré à New York, Northup est devenu un militant acharné de l’abolitionnisme, ce que le film ne montre pas. Son cas est évidemment exceptionnel. L’immense majorité des esclaves était maintenue volontairement dans l’illettrisme et rares furent ceux qui réussirent à s’échapper.

Voici en tout cas un film particulièrement émouvant et instructif. L’acteur principal Chiwetel Ejiofor donne à son personnage une dignité impressionnante. À voir et à faire voir !

 

[1] Ce livre est disponible en traduction française sous le titre 12 ans d’esclavage. Édition Entremonde, 2013. 16 euros.

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