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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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Le message du peuple grec

C'est une première en Europe. L'élection législative en Grèce a porté largement en tête Syriza, une coalition de la gauche radicale avec 36,3 % des voix lui permettant d'obtenir 149 députés sur 300.

 

Depuis 5 ans, les classes populaires et moyennes ont vu leurs conditions de vie écrasées par des plans d'austérité imposés par la gauche et la droite au nom du remboursement de la dette. Une dette détenue principalement par les grandes banques françaises et allemandes ainsi que par le Fond Monétaire Internationale et la Banque Centrale Européenne (BCE). Une dette dont ils ne sont pas responsables – ce sont les banquiers et les gouvernants qui l'ont creusée – mais qu'on leur fait payer à coup de division par deux des salaires, de licenciements massifs de fonctionnaires (conduisant à un chômage de plus de 25%), d'augmentation des impôts pour les plus pauvres.

 

Alors pour les travailleurs grecs et l'ensemble de ceux que l'austérité a appauvri, le discours radical de Tsipras, leader de Syriza et nouveau premier ministre, a donné un espoir de changement. Pourtant, à mesure que le succès d'hier devenait vraisemblable, le discours de Syriza s'est modéré. Au-delà de la faiblesse de ses mesures visant à combattre la crise sociale que connaît le pays, le parti désormais au pouvoir ne parle plus que de renégocier la dette avec les créanciers. Tsipras va discuter avec les vautours qui s'enrichissent sur la misère des Grecs pour obtenir un étalement du paiement et, s'ils sont compréhensifs, l'annulation d'une partie pour mieux rembourser l'autre. Mais qu'est-ce qui les fera céder ? La légitimité électorale de Syriza ? Ils n'en ont que faire et le montrent en alternant depuis le début de la campagne entre faux « conseils » et vraies menaces à la Grèce.

 

En outre, Syriza ne demande rien à l’Église orthodoxe, alors que l'Etat paye les prêtres plus de 1 800 euros par mois, et l'exonère de taxes. L'Église est pourtant le deuxième propriétaire terrien du pays. Elle détient restaurants et hôtels de luxe. Les armateurs grecs possédant la plus importante flotte du monde sont exonérés d'impôt sur le revenu et d'impôt sur les bénéfices par la constitution ! Alors la victoire de Syriza, si elle envoie un message clair aux saigneurs du peuple grec, n'est pas encore une victoire contre l'austérité. Pour faire reculer les capitalistes, qu'ils soient français, allemands ou grecs, il faudra plus qu'un bulletin de vote.

 

Pour imposer leur volonté, les exploités ont toujours dû se battre contre leurs exploiteurs. Les menacer de tout perdre et donc parfois les exproprier. Pour annuler la dette et rétablir un niveau de vie décent, les travailleurs grecs devront affronter ceux qui pillent le fruit de leur travail. Ils devront trouver pour cela le soutien des travailleurs espagnols, portugais mais aussi allemands et français. Bref, de tous ceux qui en Europe, paient au prix fort une crise dont ils ne sont pas responsables.

 

édito du bulletin Révolution du 26 janvier 2015

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