Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Lundi matin, 8h30, des bulldozers s’attaquent aux abris de la zone Sud de la « jungle » de Calais. Plusieurs migrants viennent encore chercher des affaires personnelles, malgré 30 fourgons de CRS et 2 camions anti-émeute stationnés à l’entrée.
Fin janvier, l'annonce était tombée : l'immense bidonville de Calais, devait fermer. Le ministère de l'Intérieur et la préfète se sont voulus rassurants. Ils ont promis qu'il n'y aurait pas de démantèlement brutal, qu'aucune famille ne quitterait la jungle de force, qu'on allait « prendre le temps de les convaincre »... Finalement le ton s'est durci et le démantèlement a commencé mais, promis juré, il se ferait « sans violence » et des logements provisoires seraient proposés. Mais les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Et après les dizaines de morts à l'entrée du tunnel sous la manche, les migrants agressés par des milices d'extrême droite, le mépris total des autorités pour ces conditions de vie dramatiques… personne n’y croit !
Mais la palme du cynisme revient au maire d'Ouistreham, commune-station balnéaire de la côte normande. Craignant l'arrivée de migrants sur « sa » commune pleine de pavillons vides, il a décidé d'interdire aux associations locales d'apporter de l'aide aux migrants afin de ne pas « créer d'appel d'air »... Voilà un bien drôle de monde : des réfugiés s'entassent dans des cabanes à quelques kilomètres de centaines de logements vides...