Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Le 9 mars, les manifestations contre le projet de réforme du Code du travail ont rassemblé des centaines de milliers de personnes dans les rues. Des travailleurs en grève (parfois massivement, comme à la SNCF), mais aussi de nombreux jeunes, étudiants et lycéens. Partout, des cortèges denses et dynamiques ont exprimé la colère des travailleurs et de la jeunesse, et un ras-le-bol général face à un gouvernement prétendument de gauche qui multiplie les cadeaux aux plus riches et les attaques contre nos conditions de vie, de travail, d'études.
Et pour cause ! Ce projet, c’est le programme du MEDEF, le syndicat des patrons, repris mot pour mot par le gouvernement. C’est la démolition du peu de protections dont bénéficient actuellement les travailleurs, gagnées par un siècle de luttes sociales.
La loi contient une multitude de mesures plus révoltantes les unes que les autres, qui répondent toutes à la même logique : nous faire travailler plus, plus longtemps, pour un salaire le plus bas possible, avec le risque de se faire jeter à tout moment. Un beau programme...
Le gouvernement s’attaque ainsi au temps de travail, avec des semaines qui pourront durer 46 voire 60 heures, et des heures supplémentaires payées au rabais... jusqu’à trois ans après ! Nous faire travailler plus longtemps, alors qu'il y a plus de 5 millions de chômeurs : c'est ainsi qu’ils prétendent lutter contre le chômage !?
C'est aussi aux contrats de travail que le gouvernement s'attaque : il dit vouloir favoriser les CDI, mais donne au patronat la possibilité de licencier plus facilement et pour pas cher. Avec les accords entreprise par entreprise qui prévaudront sur le Code du travail, les patrons auront par ailleurs les moyens d’un sacré chantage : soit tu acceptes un salaire de misère et des conditions de travail dégradées, soit tu vas voir ailleurs.
Devant l’ampleur du mécontentement, le gouvernement voudrait faire mine de négocier, et donner l’impression de faire quelques concessions. Ne nous laissons pas tromper : la logique du texte reste la même, et c’est cette logique qu’il faut refuser !
Il y a de quoi se révolter ! Le 9 mars a été un succès. Mais il faudra une mobilisation bien plus importante encore pour obliger le gouvernement à remballer sa loi et sa politique pro-patronale.
Des organisations syndicales et politiques de jeunesse ont lancé un appel à se mobiliser à nouveau le jeudi 17 mars, rejointes par certains secteurs du monde du travail. Dès à présent, il faut préparer cette échéance en discutant autour de nous, en organisant des Assemblées Générales et des réunions partout où c’est possible. Il faut parler de la loi, de l’avenir qu'elle nous promet, et convaincre de la nécessité de se mobiliser tous ensemble, jeunes et salariés. Il faut aussi discuter des moyens qu'on se donne pour s’organiser et se coordonner.
Le gouvernement et les patrons sont bien décidés à poursuivre leur politique. À nous de faire en sorte que la réponse soit à la hauteur de l'attaque, en étant le plus nombreux possible à nous mobiliser.