Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
La vague de mobilisations sociales en Grèce montre que les travailleurs et les classes populaires ne sont pas prêts à payer une crise dont ils ne sont pas responsables.
Depuis 2008, les « plans de relance » se succèdent, prétendant relancer l’économie. Les gouvernements européens ont dépensé de 8 à 10 % de leur PIB dans ces fameux plans. Pourtant, leur efficacité du point de vue de la majorité de la population est nulle : ils n’empêchent ni les licenciements de millions de travailleurs à travers le monde, ni les salaires au rabais.
En revanche, en finançant massivement les banques et les grandes entreprises, l'argent public est venu gonfler les profits d’une poignée d'actionnaires. Ceux du CAC 40 vont ainsi pouvoir se partager 35,5 milliards de dividendes en 2010.
Mais la mangeoire est encore trop petite pour ces rapaces. Et ils spéculent sur la dette accumulée par les États, menant un certain nombre de pays au bord du gouffre financier. Au final, les États empruntent pour donner aux financiers, qui prêtent aux États et spéculent sur cette dette. La boucle est bouclée ! Mais ceux qui payent, ce sont la majorité des travailleurs à travers des mesures de « rigueur ».
Ainsi, en Grèce, le gouvernement a annoncé une série de « réformes » qui sont autant de reculs sociaux : hausse de la TVA, gel des retraites, baisse des salaires pour les salariés du public, hausse des prix de l’essence... Les conséquences de ces réformes pèsent avant tout sur les classes populaires.
C’était sans compter sur la réactivité de la population grecque. Depuis deux mois, par des journées de grève générale, elle montre sa détermination à refuser de payer pour une dette qui n’est pas la sienne. Le 24 février, puis le 11 mars, le pays a été totalement paralysé, des chemins de fer jusqu’aux ferries pour les îles grecques. Des manifestations massives ont rassemblé des dizaines de milliers de jeunes, de salariés et retraités, toutes catégories et secteurs confondus.
Une nouvelle journée devrait avoir lieu en avril, mais cette fois, il ne faudra pas les laisser tout seuls. Car la colère populaire qui s’exprime en Grèce est celle qui s’exprime, ici aussi, sous forme d’une multitude de grèves isolées. Il s'agit maintenant de développer et faire converger ces luttes !