Dans le contexte d'une grève de travailleurs sans-papier qui dure depuis quatre mois, le gouvernement annonce qu'il veut restreindre les droits des étrangers. L'objectif est de flatter l'électorat réactionnaire d'extrême-droite dans la perspective de récupérer leurs voix aux élections régionales.
Le projet de loi ouvre, pour l'administration, la possibilité de priver immédiatement de liberté des personnes dans n'importe quel lieu où sont « découverts » des étrangers sans titre de séjour. Si le tribunal administratif oblige un étranger à quitter le territoire français, celui-ci pouvait contester cette décision et déposer un recours dans un délais de 30 jours. Le projet de loi veut réduire ce délai à 48h ! Autant dire une absence de droit de contestation.
Bref des mesures inacceptables qui s'acharnent sur des personnes qui sont déjà quasiment sans droit.
Cette politique n'est pas nouvelle. Depuis une vingtaine d'années, les mesures prises par des gouvernements de droite comme de gauche ont transformé des travailleurs immigrés en « sans papiers », surexploités, puis multiplié les moyens de chasse contre eux.
Mais c'est sans compter les 6 000 travailleurs en grève et organisés pour exiger leur régularisation, ils ne laisseront pas passer cette loi sans réagir. Ils ne lâcheront rien et ils l'ont encore prouvé en manifestant ce week-end devant le MEDEF. Aujourd'hui, la moindre des choses seraient que les individus aient le choix de vivre et de travailler où ils veulent, de circuler aussi facilement que les capitaux ! Mais il faudra pour cela sortir de ce système capitaliste pour l’imposer.