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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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Ce n’est pas la crise pour les actionnaires et les patrons voyous !

Édito des bulletins L'Étincelle du 5 décembre 2011

Tout le monde n’a pas la larme à l’œil comme la ministre du Travail italienne annonçant de nouveaux sacrifices aux travailleurs. Les grands patrons, pour doper les dividendes des actionnaires, multiplient joyeusement les « restructurations » et autres opérations de bradages destinées à sous-traiter les licenciements tout en intensifiant l’exploitation de ceux qui restent.

Ce lundi 5 décembre, les travailleurs de différents sites d’Arkema (industrie chimique) ont manifesté leur colère devant le siège de ce groupe, à Colombes en région parisienne. Leur direction veut se débarrasser de la fabrication du PVC, qui occupe le tiers des 6 500 emplois basés en France. Non seulement elle donne le « pôle vinylique », mais elle offre 96 millions d’euros au soi-disant « repreneur » Klesch, un monsieur dont la spécialité est de racheter des usines pour les dépecer, vendre les machines et le terrain, après avoir viré au moindre coût les salariés. Quant à ceux qui resteront dans l’entreprise, Arkema entend obtenir d’eux une rentabilité de 16 à 18 % !

D’Honeywell à Condé/Noireau (Calvados) en passant par Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône), ce genre d’histoires se multiplie dans toutes les régions du pays.

Ni vu ni connu...
Le grand patronat licencie, directement ou par prestataires et filiales interposés, mais fait tout pour le dissimuler. Ainsi, Peugeot-Citroën se vante de supprimer 6 800 postes sans licencier. Triple mensonge. Car pour l’intérimaire dont le contrat n’est pas renouvelé, pour le prestataire dont le patron n’a pas d’autre poste à proposer qu’une mission chez PSA, où est la différence ? Dans tous les cas, c’est un aller simple pour Pôle Emploi. Quant aux travailleurs en CDI, si les promesses de reclassement ou de formation bidon pour une hypothétique reconversion ne suffisent pas, ça n’empêchera pas la direction de chercher à les pousser dehors par tous les moyens, y compris le licenciement.

La casse de l’emploi par l’État-patron
Pas étonnant alors que le nombre de chômeurs de toutes catégories augmente, comme l’affirment les statistiques publiées la semaine dernière. L’État-patron n’est pas le dernier à creuser le trou du chômage. En ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux partant en retraite, il prive d’un boulot des pans entiers de la jeunesse. Qu’à cela ne tienne : le plan de 100 000 postes détruits en dix ans dans l’Éducation nationale est à peine atteint, que le ministre Luc Chatel fait savoir qu’il en envisage un autre de 14 000 à la rentrée prochaine.

Ils disent « combattre » la crise... en la précipitant !
Le pire est encore à venir, à l’image du plan anglais : 710 000 emplois publics en moins, amputation des retraites de 100 euros et augmentation des cotisations d’autant, retraite à 67 ans au lieu de 60, etc.

De tels plans n’enrayent pas la crise, ils l’accélèrent ! En Grèce, l’application des plans successifs, en aggravant le chômage, a ainsi augmenté la dette ! L’État a en effet perdu des recettes et a dû emprunter à nouveau pour boucler son budget... ce qui justifie les mesures d’austérité suivantes.

Quant aux patrons, ils mettent à profit la crise pour démolir les droits que les salariés ont acquis au prix d’années, de décennies de luttes.

Anglais, Belges, Grecs, Portugais… tous dans la rue !
La semaine dernière, deux millions de travailleurs britanniques du public ont crié leur colère. 80 000 de leurs collègues belges en ont fait autant deux jours après, précédés par une grève générale d’une journée, la veille en Grèce, la semaine d’avant au Portugal. Ils nous montrent la voie par où chercher la solution : nos luttes.

De gauche ou de droite, la spirale infernale des plans d’austérité ne résistera pas à un mouvement de l’ensemble des travailleurs du pays, et de tous les pays. Raison de plus pour ne pas se laisser isoler boîte par boîte, mais commencer à chercher systématiquement à riposter ensemble aux mauvais coups, et cela, bien au-delà de la seule journée de mobilisation du 13 décembre.

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