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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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Contre la réforme des retraites, c’est la lutte d’ensemble qui s’impose !

Édito des bulletins L'Étincelle du 31 mai 2010 (partie 1)

 

   Finalement, Eric Woerth, le ministre du travail, l’a confirmé la semaine dernière : la retraite à 60 ans est bel et bien dans le collimateur du gouvernement.

 

   Si l’annonce a tardé à venir, la réforme des retraites que prépare le gouvernement est sans mystères. Il s’agit de payer moins de retraites en reculant l’âge de départ, et de baisser encore plus leur montant. Dans la droite ligne des réformes des retraites adoptées depuis 1993. Le nombre d’annuités nécessaires pour une retraite pleine était passé de 37,5 avant 1993 à 40 ans. On nous annonce 41 ans pour 2012, puis 42 ans ! Ce qui écorne sacrément la retraite à 60 ans, qui devient plutôt l’exception ! Si Martine Aubry est intervenue pour voler au secours de Mitterrand contre Sarkozy, le Parti Socialiste a en réalité entériné ces réformes. Celle de 1993 n’avait pas été remise en cause par le gouvernement Jospin. Dans le contre-programme du PS, nulle question de revenir sur l’allongement de la durée de cotisation. Strauss-Kahn s’est carrément exprimé... contre le « dogme » de la retraite à 60 ans. Pas grand-chose à attendre de tels défenseurs des régimes de retraite !

 

   On nous explique à nouveau que c’est à cause de la démographie, de l’allongement de l’espérance de vie, etc. Le gouvernement agrémente sa démonstration de chiffres d’autant plus alarmistes qu’ils sont fantaisistes. Car qui peut sérieusement prétendre prévoir ce que sera la société, l’économie, la productivité, en 2050 ou même en 2025 ? En tout cas, pas ceux qui ont été bien incapables de prévoir la crise actuelle !

 

   Il n’y a aucune évidence, aucune fatalité. Au fond ce n’est qu’un choix de classe. Car pour aider les banquiers, pour aider les industriels, il n’y a aucun déficit impossible : on trouve les centaines de milliards réclamés par les « marchés » ! Mais le moindre centime qui pourrait profiter aux classes populaires, pour la Sécu, la retraite, pour les services publics est, lui, systématiquement remis en question.

 

   En même temps l’Etat laisse les patrons licencier et le chômage exploser. Ce qui plombe d’autant les régimes de retraite : chaque chômeur en plus, c’est autant de cotisations sociales en moins. C’est là qu’est la seule cause des déficits des régimes de retraite !

 

   C’est toute la politique patronale et gouvernementale qui va dans un même sens. Leur mot d’ordre, c’est : faire payer la crise aux travailleurs, chômeurs et retraités inclus, et préserver les intérêts des capitalistes. Dans toute l’Europe se multiplient des plans d’austérité contre les travailleurs, dont les attaques contre les retraites ne sont que l’un des volets.

 

   Les manifestations du 27 mai, à l’appel des syndicats, ont prouvé que beaucoup refusent de laisser passer cette réforme et les autres attaques en cours sans réagir. Cette journée d’action, ne pouvait, bien sûr, à elle seule faire reculer le gouvernement. Une nouvelle est prévue pour le 24 juin. Mais c’est une lutte générale du monde du travail qui sera nécessaire. Il ne faut pas en rester là !

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