Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
La semaine dernière, alors que Kadhafi lançait ses chars et son aviation contre les manifestants qui réclamaient son départ, que ses mercenaires tuaient au hasard dans les rues de Benghazi et de Tripoli, les dirigeants des pays impérialistes se sont contentés d’appeler à « faire preuve de retenue dans l’usage de la force ». Il faut dire qu’ils soutenaient et armaient depuis des années le dictateur libyen qui, en plus de leur fournir du pétrole, servait de garde-chiourme à l’Union européenne contre les migrants africains qu’il parquait dans des camps aux conditions inhumaines. Mais tandis que la dictature de Kadhafi vit peut-être ses derniers instants, l’onde de choc des révolutions tunisienne et égyptienne continue de s’étendre à l’ensemble du monde arabe, en Algérie, au Yémen, au Bahreïn, en Irak, en Iran ou au Maroc, et de s’approfondir, en particulier en Tunisie.
En Tunisie, la révolution continue
Vendredi dernier, à Tunis, c’est une foule immense, bien plus imposante que celle qui mit fin au régime de Ben Ali le 14 janvier, qui réclamait le départ du gouvernement de transition et scandait : « Non à la confiscation de la révolution ». Les combats avec la police se sont poursuivis toute la journée de samedi. Le lendemain, Mohammed Ghannouchi annonçait sa démission.
Un mois et demi après la chute de Ben Ali, les travailleurs et la jeunesse tunisienne ont pu se convaincre que si le dictateur était bel et bien parti, l’appareil de la dictature restait en place. Après Ben Ali dégage, Ghannouchi dégage, à tout le système de dégager ! En Tunisie, mais aussi en Egypte où après le départ de Moubarak, l’Etat major de l’armée s’en prend désormais aux travailleurs qui font grève, pendant que la jeunesse continue de se mobiliser au Caire.
Les révolutions des pays arabophones ont commencé, mais ce n’est qu’un début. Non seulement parce qu’elles ont un écho dans le monde entier, de la Chine aux Etats-Unis (où de grandes manifestations ouvrières contre le gouverneur viennent d’avoir lieu dans l’Etat du Wisconsin) en passant par l’Europe, mais parce que les exploités et les opprimés qui se soulèvent ne se contentent plus de ravalement de façade et veulent changer tout le système.