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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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Français, immigrés : mêmes patrons, mêmes combats

Au plus bas dans les sondages, Sarkozy tente de doubler le front national sur sa droite. Il y a deux mois, la partition raciste et bien rôdée du ministre de l’intérieur Claude Guéant a libéré la parole des parlementaires qui se sont livré à un festival d’interventions anti-immigrés. Une députée UMP peut prétendre au premier prix du cynisme. Sa proposition : renvoyer les immigrés clandestins qui arrivent par la mer dans leurs embarcations de fortune, alors même qu'on sait que tous les mois, des centaines d’entre eux meurent noyés.

Après les paroles, les actes. Le sketch animé par les deux guignols Sarkozy et Berlusconi se joue depuis deux semaines non sans provoquer des dégâts humains. Avec les accords Schengen, les immigrés avec papiers sont libres de circuler en Europe. Du coup, Berlusconi a octroyé des papiers provisoires aux immigrés tunisiens afin qu’ils quittent l’Italie pour gagner d’autres pays européens. Sarkozy, toujours prêt à surenchérir quand il s’agit de démagogie raciste, a annoncé qu’il comptait remettre en cause les accords Schengen, et il a demandé l'arrêt de la ligne de train Vintimille-Nice afin d’éviter l’« afflux d’immigrés tunisiens ».

Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur quelques centaines de sans-papiers tunisiens qui, pour vouloir fuir la misère, se retrouvent pris en otage par le gouvernement français. Les voilà devenus malgré eux les acteurs d’un bien mauvais film. À Paris, entre 300 et 500 tunisiens vivent dans la rue et les squares. Quelques centaines par rapport aux 2 millions de parisiens, le chiffre est dérisoire. Mais, de cette situation d’urgence humaine, Sarkozy saisit l'occasion d'être plus lepeniste que Le Pen. Mardi dernier, des opérations de police très médiatiques ont été menées en même temps à Paris, Nice et Marseille contre ces migrants. Depuis, les arrestations et les emprisonnements en centre de rétention se poursuivent.

Au firmament de sa cote d’impopularité, Sarkozy cherche, pour se faire réélire, des boucs-émissaires qui trinqueront pour tous les mauvais coups que son gouvernement a portés au monde du travail. Mais la ficelle est grosse et aussi vieille que le capitalisme : monter les travailleurs les uns contre les autres en désignant les immigrés comme responsables du chômage et des bas-salaires.

Cet écran de fumée peine à dissimuler les véritables responsables de la crise : ces grands patrons qui, dans leur course aux profits, étranglent le pouvoir d’achat en France comme en Tunisie.

La réponse à cette politique anti-immigrés, les travailleurs et les lycéens l'ont déjà esquissée lors des grèves de l’automne 2010 où, avec ou sans-papiers, immigrés ou non, ils ont défilé, tous ensemble, en scandant les mêmes slogans.

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