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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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Intervention militaire en Libye : le bal des hypocrites et l’odeur du pétrole

Non, l’intervention militaire franco-anglo-américaine en Libye ne vise pas à venir au secours de la population civile, et encore moins à aider les insurgés à faire tomber la dictature.

On peut bien sûr comprendre le soulagement de la population à voir les mercenaires de Kadhafi qui entraient dans les rues de Benghazi être repoussés par les frappes aériennes, alors que le tyran avait promis à la ville « ni pardon, ni pitié ». Mais pendant plus d'un mois, les mêmes grandes puissances ont laissé Kadhafi bombarder et massacrer le peuple libyen grâce aux armes, aux avions et aux blindés qu’elles lui ont fournis depuis des années. Car ces dernières années, il était devenu leur ami, invité par Sarkozy à Paris, soutenu par Berlusconi, en échange d’avantageux contrats pétroliers ou nucléaires.

Sarkozy, Cameron et Obama se disent pour la démocratie ? Mais au Bahreïn, on a assisté au même moment à l’intervention militaire des Émirats Arabes Unis et de l’Arabie Saoudite, deux bons alliés des États-Unis, pour venir au secours non pas de la population révoltée, mais du régime ! Les mêmes Émirats qui aident à la répression au Bahreïn soutiennent l’intervention en Libye et devraient y contribuer avec leur aviation !

La France, les États-Unis et leurs alliés, mais aussi tous les régimes de la région partagent une crainte commune : celle de l’approfondissement et de la propagation des révolutions. Depuis janvier, les révoltés du monde arabe ont fait tomber un dictateur, puis un autre, et d’autres encore sont sur la sellette au Yémen, et en Syrie. La seule préoccupation des grandes puissances est d'essayer d'entraver le mouvement révolutionnaire en cours dans le monde arabe en s’efforçant de remplacer les régimes trop ébranlés ou renversés, par des régimes à leurs bottes pour pouvoir y continuer l’exploitation des richesses et de la main d’œuvre.

Si en Tunisie et en Égypte les grandes puissances comptent sur l'armée de ces pays pour assurer, sous la coupe des généraux, une prétendue « transition démocratique », qui préserve surtout leurs intérêts impérialistes, il leur manquait en Libye l'appareil fiable qui puisse remplacer le dictateur honni sans rien changer ni à l’exploitation ni à l’injustice sociale. C'est dans ce but que les chefs d’État occidentaux ont choisi de soutenir ce « Conseil national de transition », dirigeants autoproclamés de l’opposition libyenne. Ce ne sont pas les pauvres, les révoltés de Libye, que leurs bombardiers soutiennent, ce sont les anciens dignitaires du régime qui viennent tout juste de le quitter pour tenter leur course au pouvoir : l’ancien ministre de la justice qui préside le Conseil de transition ou le général, ancien ministre de l’intérieur, qui s’en est proclamé le chef militaire.

Ceux-là, sans doute, sont prêts à négocier avec les forces impérialistes pour prendre la place de Kadhafi (à moins qu’ils ne finissent par s’entendre avec Kadhafi lui-même), pour mettre en place une solution à la convenance des puissances impérialistes : un régime plus ou moins replâtré, très vite sans doute aussi dictatorial que l’actuel, et tout de suite sans que la population libyenne n’ait son mot à dire.

À l’heure où la crise économique frappe aussi l’Europe et l’Amérique, où l’on vient de voir les travailleurs anglais manifester contre la politique d’austérité de leur gouvernement, la meilleure aide que nous pourrions apporter aux peuples arabes en révolte, c’est de suivre leur exemple.

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