Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Ce dimanche, le bilan humain du séisme et du tsunami se monte à plus de 8 000 morts, auxquels il faudra sans doute bientôt ajouter les 12 000 personnes officiellement portées disparues. Au moins 400 000 sans abri manquent d’eau, de nourriture et de médicaments. Le carburant fait défaut pour leur acheminer tous ces produits, a fortiori pour les évacuer. Tout cela dans la 3ème puissance économique mondiale !
Bien sûr, la préparation du pays aux séismes et les normes imposées aux bâtiments ont sauvé bien des vies. Si le bilan est lourd, il est sans comparaison avec celui du séisme en Haïti, pourtant beaucoup moins puissant. Mais alors que certains sont encore réfugiés sur les toits dans l’attente de ravitaillement, la priorité du gouvernement japonais, dès le début de la semaine dernière, a été de renflouer le système financier, en donnant… 350 milliards d’euros aux banques ! En voilà un sauvetage rondement mené, sans lésiner sur les moyens !
Et les compagnies aériennes, dont Air France, qui ont presque triplé le prix des billets au départ de Tokyo, anticipant des mouvements de fuite massifs ? Sacrée loi de l’offre et de la demande ! Et ces courtiers en énergie qui se demandent déjà si le Japon se tournera vers le gaz, le pétrole ou le charbon pour spéculer sur ces matières premières ?
C’est tout simplement le vrai visage de ceux qui dirigent les Etats et l’économie : des vautours !
Tepco, le trust très profitable qui exploite la centrale de Fukushima n’échappe pas à la règle. Epinglé à plusieurs reprises ces dix dernières années pour de graves manquements à la sécurité – il avait même tenté de dissimuler des accidents – il était pourtant resté en charge d’une bonne partie du parc nucléaire japonais. Tepco a même retardé l’emploi d’eau de mer, qui aurait accéléré le refroidissement mais mis ses réacteurs hors d’usage, faisant passer ses éventuels futurs profits avant la sécurité et la santé des salariés, et même d’une bonne partie des Japonais. À commencer par les sinistrés du séisme et du tsunami, exposés à la neige, au froid... et aux radiations.
Décidément, l’énergie nucléaire est trop dangereuse pour être confiée au capitalisme !
Dans une autre société, dirigée par les travailleurs et gérée en fonction de l’intérêt général et non du profit, l’ensemble de la population pourrait décider en toute connaissance des risques si elle utilise l’industrie nucléaire... ou pas. Mais, dans l’immédiat, nous ne pouvons pas accorder la moindre confiance ni aux gouvernements qui dissimulent continuellement des informations décisives, ni à ces spécialistes qui émargent au lobby du nucléaire, comme ceux d’Areva et d’EDF qu’on a si longuement entendus à la télé cette semaine. Ceux-là vantent la technologie française prétendument plus sûre. Tout comme d’autres promouvaient une « utilisation raisonnée » de l’amiante presque un siècle après la mise en évidence de son extrême toxicité.
Rien ne pourra tempérer la soif de profit du grand patronat et de ses serviteurs. Pas même le spectre d’un nouveau Tchernobyl… ou pire. Il est temps d’en finir avec ces irresponsables, de renverser le capitalisme.