Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
« Toutes les civilisations ne se valent pas », ce sont les mots de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur et de l’Immigration de Sarkozy. Inutile de préciser que le fond de sa pensée allait bien plus loin : en disant cela, il laisse entendre que sa civilisation est bien sûr supérieure aux « autres ». Mais quelle est-elle cette civilisation dont Claude Guéant semble si fier ?
Une civilisation qui laisse mourir de froid les plus démunis : la semaine dernière en Europe, 297 personnes sont mortes de froid. Cinq en France. Alors que les logements vacants, toujours plus nombreux, restent vides, car les spéculateurs n’aiment pas avoir des locataires sur les bras. Les immeubles de bureaux s’accumulent dans tous les quartiers, construits avant même d’être loués, mais bien chauffés. Les pauvres, eux, peuvent crever.
Ce seul constat, dans un océan d’inégalités et d’absurdités, devrait suffire à condamner les puissants de ce monde et à jeter aux oubliettes leur prétendue « civilisation ». Alors pour masquer cette réalité crue, ils n’hésitent pas à stigmatiser ceux qu’ils appellent les « minorités » : tour à tour les étrangers, les musulmans, les roms, les femmes, les enfants d’immigrés, les homosexuels… C’est bien la grande majorité de la population qu’ils cherchent à diviser !
Ils opposent ceux que rien n’oppose pour tromper notre colère. Tous les moyens sont bons pour qu’elle ne se dirige pas vers la seule toute petite minorité qui profite de l’océan de misère qu’est devenue la planète : les hyper-riches, les 1 % comme les ont baptisés les indignés américains, possèdent à eux seuls 40 % des richesses mondiales, ont vu leurs revenus augmenter de 50 % ces dix dernières années et exercent une véritable dictature sur l’économie mondiale.
Au final, Claude Guéant a raison. Toutes les civilisations ne se valent pas. La leur, dirigée par les actionnaires, les banquiers, les spéculateurs et les arrivistes politiques à leur service, est supérieure en un sens : jamais dans l’histoire de l’humanité les inégalités n’ont été aussi importantes.
Mais de cette société pourrie pourrait surgir un autre monde. Basé sur le partage, l’entraide et la solidarité, aux antipodes de la loi du profit. Un monde que les révolutionnaires Égyptiens, les insurgés syriens, les indignés espagnols, les révoltés grecs, les jeunes sénégalais, les manifestants russes, américains et tous ceux qui se battent pour leur dignité sont en train de construire. Et qui naîtra de l’union au-delà des catégories, des boîtes, des origines et des frontières pour abattre leur civilisation du fric.