Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 6 septembre 2010
Samedi dernier, cent mille personnes ont défilé dans tout le pays contre la politique raciste du gouvernement. Pas question de laisser celui-ci s’en prendre aux plus démunis en désignant les Roms ou les sans-papiers comme boucs émissaires d’une situation sociale dramatique dont il est le principal responsable.
Car si le gouvernement se distingue sur le terrain du racisme le plus crasseux au point de faire réagir même le Vatican ou les Nations Unies, c’est pour faire oublier qu’il est en train de faire les poches de tous les travailleurs. En commençant par liquider nos retraites.
Bien sûr, les ministres y sont allés de leur baratin. En « gentlemen cambrioleurs », ils ont doctement expliqué qu’il fallait travailler plus longtemps, aggraver la décote et repousser l’âge de départ pour « sauver le système par répartition ». Mais n’est pas Arsène Lupin qui veut : ces messieurs veulent apparaître préoccupés par le déficit des retraites alors même qu’ils en ont coupé les recettes !
Car plus les caisses de retraites s’appauvrissent, plus la bourgeoisie s’enrichit… et vice versa. Non seulement depuis vingt ans les cotisations patronales n’ont pratiquement pas augmenté (elles ont en fait baissé si on tient compte de l’inflation), mais une grande partie d’entre elles sont désormais exonérées, voire purement et simplement impayées. Oubliés les discours sur la tolérance zéro face à la délinquance en col blanc !
En jetant des centaines de milliers de salariés à la rue avec la bénédiction de l’État, le grand patronat n’a cessé d’augmenter le nombre des chômeurs, et donc de diminuer le nombre de cotisants salariés. Quant à ceux d’entre nous qui ont un emploi, leur cotisation retraite est aussi réduite que leur salaire…
Sauver le système de retraites – puisqu’on nous dit qu’il est en danger - c’est en finir avec le chômage, la précarité et les bas salaires.
C’est pourquoi nous devons exiger :
- Le retrait pur et simple de la réforme actuelle et de toutes les précédentes, pour revenir à une retraite pleine à 60 ans après 37,5 ans de cotisation pour tous,
- L’augmentation de tous les salaires d’au moins 300 € par mois, l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre tous.
Vaste programme ? Indéniablement, comparé aux timides revendications de la gauche ou des principaux syndicats qui ne réclament que des « négociations » dont on sait qu’elles seront bidon. Mais ces mesures d’urgence ne sont pourtant que le minimum qui permettrait aux travailleurs de conserver leur niveau de vie.
Il ne faut pas s’y tromper : le patronat et les gouvernements à son service ont déclenché une véritable guerre sociale contre la classe ouvrière. Les plans de rigueur qui touchent un à un tous les pays européens signent le début d’une offensive redoublée. Mais l’issue d’un tel conflit n’est jamais certaine, et on a vu dans l’histoire bien des armées parties la fleur au fusil rentrer à la maison la queue entre les jambes.
A propos de la journée de grèves et de manifestation du 7 septembre, Woerth, pourtant mal placé pour jouer les matamores, a déclaré que « ce n’est pas ça qui peut faire changer la réforme des retraites ». La méthode Coué, sûrement. Car il sait bien que la réussite du 7 incitera les salariés à engager sérieusement le combat contre sa réforme et plus généralement contre toute la politique de casse sociale menée depuis des années.
C’est en tout cas dans cet esprit qu’il faudra participer et faire participer aux grèves et aux manifestations du 7 septembre. Certainement pas pour « faire pression » avec quelques manifestations plan-plan sur le débat parlementaire qui s’ouvre et espérer obtenir des cacahuètes… et plus sûrement rien du tout. Mais pour redonner du courage à tous les hésitants, préparer les indispensables luttes à venir et discuter d’un véritable plan de mobilisation vers la grève générale.