Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 13 juin 2011
Un plan secret de Peugeot Citroën a été révélé par la CGT jeudi dernier : dans une note confidentielle d’août 2010, la direction du groupe annonçait que 3 usines, dont 2 en France, seraient fermées : PSA à Aulnay (3600 salariés), Sevel Nord à Hordain (2 800) et PSA à Madrid en Espagne (2 550).
La note, rédigée dans ce style chirurgical apprécié des actionnaires, au premier rang desquels la richissime famille Peugeot, explique donc pourquoi il faudrait l’ablation de près de 10 000 emplois… sans compter les dizaines de milliers qui en découlent. Au moment pourtant où PSA réalise un record historique des ventes, où les actionnaires de PSA doublent leur dividendes et où Philippe Varin, PDG du groupe, triple son salaire annuel : 3,25 millions d’euros, soit 9000 € par jour. La direction de PSA avait y compris prévu que le sale coup arrive après les élections de 2012, pour ne pas gêner ses amis du gouvernement qui avaient si bien arrosé les patrons de l’automobile avec l’argent public : des prêts de milliards à taux préférentiels payés par nos impôts, la prime à la casse pour maintenir les ventes, et autres subventions… La seule condition étant de ne pas fermer de site en France, ou pas tout de suite !
Mais la magouille – bien classique il faut le dire – est mise par les travailleurs sur la place publique !
La conférence de presse de la CGT se terminait le jeudi à 12 heures. Dès 14 heures, la direction de PSA essayait d’étouffer l’affaire en déclarant que « La fermeture d’Aulnay et de Sevel Nord n’est pas d’actualité ». Cela dit, Philipe Varin, PDG de PSA, était aussitôt reçu par Eric Besson, ministre de l’industrie, qui se déclarait « rassuré » ! De toute façon, a-t-il dit, « ce plan aurait été inacceptable pour les pouvoirs publics. L’Etat a prêté 6 milliards d’euros à Peugeot et Renault au plus fort de la crise. Nous n’aurions jamais pu accepter qu’après avoir pu traverser la crise grâce au soutien de l’Etat, Peugeot délocalise ». Tiens donc ! Et la direction de PSA de se défendre en disant que ce n’étaient que des « hypothèses », des scénarios possibles.
Sur le site d’Aulnay, la hiérarchie n’a pas démenti : aux ouvriers qui ont demandé des comptes, les chefs ont répondu qu’il fallait être responsables et accepter la « logique industrielle ». Entendez par là, ce monopoly infernal par lequel les grands groupes ferment et ouvrent, vendent et achètent des entreprises dans le monde, en fonction des meilleurs coûts et profits qu’ils en escomptent !
Si l’annonce brutale est un choc pour les travailleurs, ce n’est pas une surprise. Ce qui est sur le papier est l’aboutissement d’un processus entamé : la suppression déjà de la moitié des effectifs de l’usine PSA d’Aulnay en dix ans, la suppression des équipes de nuit et de week-end, la baisse de la production (tout en fonctionnant à plein régime) pour faire monter cette production en puissance à l’usine PSA de Poissy où la direction veut imposer des augmentations de cadences. Poissy récupérerait la production d’Aulnay exactement comme Vigo en Espagne récupérerait la production de Madrid. Disons au passage que Renault se livre au même genre d’exercice, en vidant à peu près de moitié l’usine de Flins ! Le chômage pour les uns, la surcharge de travail pour les autres, voilà le programme réservé au travailleurs par ceux qui gouvernent réellement le pays : les patrons des grandes entreprises.
Un plan de lutte contre leurs plans de fermetures
La note de PSA sonne comme un avertissement et une menace non seulement contre les travailleurs de PSA mais aussi contre ceux de toutes les entreprises de France ou d’Europe. Elle confirme que les patrons ont leur plan. Il est nécessaire que nous les travailleurs, qui les produisons leurs foutues bagnoles et tout le reste, ayons le nôtre. D’un autre genre : un plan de préparation de la riposte d’ensemble indispensable, tous ensemble dans l’automobile mais au-delà dans le privé comme dans le public.
Tous ensemble, dans toute l’Europe, pour l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous, l’augmentation générale des salaires, que nous arracherons en imposant aussi notre contrôle sur les comptes des grandes entreprises.