Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Depuis plusieurs mois, des centaines de personnes protestent contre le projet de barrage de Sivens qui a mené à la destruction de la zone écologique du Testet, dans le Tarn. Ces dernières semaines, la répression policière s'était accentuée. Samedi 25 octobre, Rémi Fraisse, un manifestant de 21 ans, a été tué par les gendarmes mobiles au cours d'un affrontement.
Un projet absurde
Ce projet de barrage, dénoncé depuis longtemps par des militants et des riverains, doit créer une retenue d'eau afin d'irriguer les terres agricoles environnantes. En réalité, il ne profitera qu'à une poignée de gros cultivateurs de maïs, en leur permettant de pomper sans mesure l'eau nécessaire à leurs exploitations. La construction du barrage elle-même est source de juteux profits. Et tant pis pour l'environnement.
Élus et agrobusiness main dans la main
Décidée par le Conseil général PS du Tarn, la réalisation du barrage a été confiée à une compagnie régionale dirigée par des élus locaux, des représentants des gros agriculteurs et des banques. L'étude déterminant l'utilité du projet a été réalisée... par la même compagnie. Cerise sur le gateau, les capitalistes qui en bénéficieront n'auront rien à payer : c'est dans les caisses publiques qu'on piochera les 8 millions d'euros nécessaires. Tout ce petit monde a conçu ce projet contre l'opinion de la population et a décidé de le faire passer en force.
Mobilisation et répression
La mobilisation contre le projet a pris la forme d'une occupation de la zone des travaux.
Avec le soutien du gouvernement, la répression s'est accentuée début septembre. Les centaines de gendarmes mobiles envoyés dans la zone du Testet ont utilisé des flash-balls, des grenades lacrymogènes et même des grenades offensives contre les occupants. Un véritable arsenal militaire. Des tentes plantées par les occupants ont été incendiées. Au cours d'une offensive des gendarmes début octobre, une occupante avait déjà failli avoir la main arrachée par une grenade. Dans ce contexte, la mort de Rémi Fraisse n'est pas due au hasard, mais à la politique répressive des autorités.
Ne pas laisser faire
Des manifestations ont déjà eu lieu dans de nombreuses villes pour protester contre cet assassinat. Contre la répression, contre ce gouvernement au service des riches, de la bourgeoisie, c'est notre révolte qui changera la donne.
édito du bulletin Révolution! du 3 novembre 2014