Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Depuis le tremblement de terre et la vague géante qui ont touché le Japon et endommagé la centrale nucléaire de Fukushima, les rapports accablant la gestion de la centrale par l’entreprise TEPCO et l’irresponsabilité du gouvernement japonais refont surface.
Dès 2007, un sismologue chargé d’inspecter les centrales japonaises avait déjà tiré la sonnette d’alarme : il attirait l’attention du gouvernement sur « la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre ». Plus récemment, en 2010, un ingénieur nucléaire a publié un livre s’appuyant sur des données de l’agence japonaise de sûreté nucléaire et dénonçant le laxisme des autorités vis-à-vis de la centrale de Fukushima. Celle-ci avait déjà connu une quinzaine d’incidents entre 2005 et 2009 et ses employés étaient parmi les plus exposés aux radiations. La catastrophe que vit actuellement le Japon n’est donc pas seulement « naturelle », elle est bien « provoquée par l’homme » selon le mot d’un ingénieur de Toshiba, ou plutôt par les dirigeants des grandes firmes industrielles.
Car c’est bien dans le but de faire du profit que chaque maillon de la chaîne du nucléaire a délibérément économisé sur la sécurité sous l’œil bienveillant et complice de l'État japonais. Conçue par General Electric en partenariat avec Toshiba, la centrale a été construite sans tenir compte du risque sismique, afin de limiter les coûts, sans oublier les systèmes de refroidissement et de pompage de secours qui étaient des plus rudimentaires. Le recours à des sous-traitants souvent inexpérimentés pour assurer la maintenance des réacteurs n’a pas arrangé la chose…
L'État, par le biais de son agence de régulation du nucléaire, n’est pas innocent non plus. Outre ses autorisations de construire des centrales inadaptées au risque sismique, il avait signalé des craquelures sur le groupe électrogène de sûreté du réacteur n°1... tout en autorisant son fonctionnement.
Laisser l’énergie nucléaire aux mains de ces irresponsables n’est plus tolérable. Le contrôle de l’énergie et des décisions en matière de sécurité par les travailleurs eux-mêmes, en toute transparence pour la population, est la seule alternative raisonnable au système actuel.