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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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Référendums : cause toujours !

Tantôt à droite, tantôt à gauche, le référendum réapparaît régulièrement comme le must de la démocratie : la participation directe à une prise de décision politique serait une quasi-révolution en puissance. Mais si les élections changeaient la vie, il y a bien longtemps qu'elles seraient interdites !

Le référendum, ce vote par oui ou non à une question précise, est depuis longtemps l'outil de régimes dictatoriaux. Napoléon 1er et son neveu, Napoléon III, s'en sont servis pour installer leurs empires. Et le très « monarchiste » Général De Gaulle a transformé les référendums en vote sur sa personne et a perdu. Sans parler de la Syrie, où récemment le dictateur Assad a invité d'une main sa population à voter tandis qu'il la massacrait de l'autre.

Dans les régimes dits démocratiques, ces référendums servent le plus souvent la plus basse démagogie électorale. Sarkozy a proposé non pas un, mais deux référendums : l'un pour faire passer les chômeurs pour des feignants, l'autre sur le droit de vote des étrangers, histoire d'attiser encore le chauvinisme pour gagner quelques misérables voix. D'autres candidats y vont eux aussi de leur couplet démocratique, proposant des référendums sur les questions européennes. À l'approche des élections, chacun voudrait prouver qu'il est bien du côté du « peuple », en feignant de lui laisser une petite place.

Quand ils organisent un référendum, les chefs d’État cherchent avant tout à être plébiscités. Et si le résultat du vote ne leur convient pas, il peut être vite oublié : en 2005, le rejet de la Constitution européenne par référendum n'a pas empêché les dirigeants européens de s'asseoir dessus en élaborant le Traité de Lisbonne, ratifié en 2008 par des parlementaires peu soucieux de l'avis de leurs électeurs.

Quand le pouvoir s'adresse « au peuple » par référendum, c'est pour des questions complexes (nouvelles constitutions, organisation européenne, etc.) ou par démagogie. Et pour répondre, il ne propose que blanc et noir ? Quel mépris ! C'est bien normal que les pouvoirs se méfient des scrutins. Mais c'est surtout de la population qu'ils se méfient.

Quand des millions de personnes s'intéressent à la politique, occupent les rues comme en Grèce, en Espagne ou dans les pays arabes et donnent leurs avis, les pouvoirs font tout ce qu'ils peuvent pour ne pas les entendre et les faire taire. Elle est pourtant là l'expression politique directe de la population que les amoureux des référendums recherchent tant.

Alors, quel que soit le mode de scrutin, c'est le pouvoir qui l'organise qu'il faut défier. À nous d'organiser notre expression politique à travers des assemblées qui débattent, décident et appliquent leurs décisions, comme un référendum permanent. Et si toutes ces élections ne sont qu'un thermomètre mesurant l'état d'esprit des masses, à nous de faire monter la température de la rue.

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