Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Dimanche, des cars bondés ont déferlé sur la capitale. Provenance : Les grandes villes mais surtout Neuilly, Versailles... Pas étonnant ! Le bourgeois répond présent quand il s'agit de se mobiliser contre les droits des autres. Une humoriste porte-parole de la mobilisation réactionnaire avait prévenu ses ouailles lors du dernier défilé : il faudra « troquer le tweed contre le cuir, le velours côtelé contre un jean décontracté et prohiber le serre-tête et le carré hermès ». Si le côté « bal masqué » de la manif prête à rire, ce n'est pas le cas de la liste des organisateurs.
l'UMP, le FN et l’Église catholique suivie d'autres clergés se sont bousculés dimanche pour se voir décerner la paternité de la contestation anti-mariage homo. Dans leur ombre gravitait une galaxie d'organisations catholiques intégristes ou fascisantes adeptes d'une France blanche catholique et hétérosexuelle. Flottant sur cette importante remontée d'égout de la vieille société capitaliste, des banderoles indiquaient : « La France a besoin d'enfants, pas d'homosexuels ».
La recrudescence des agressions et propos homophobes depuis novembre témoigne des rafales de haine qu'ont libérées ces défenseurs de la « famille ». Sous leur souffle puant, les homosexuels ont essuyé un déluge d'insultes cléricales ; des curés ont associé l'homosexualité à la pédophilie et à la zoophilie. C'est d'autant plus gonflé que les représentants de l’Église catholique – qui se veulent les champions d'une « famille protectrice » de l'enfant – possèdent le record toute catégorie des viols et attouchements sur mineurs !
L’Église n'a pas initié cette lutte contre l'égalité des droits mais elle en a été la force motrice. Par ses prêches et son réseau d'écoles catholiques, elle a su mobiliser le bigot. Pour elle et ceux qui l'entourent, laisser la liberté de se marier aux homosexuels couronnerait la déstructuration de la famille et partant, la faillite de notre société. Mais de quelle société parlent-ils ? Un tiers des jeunes hommes homosexuels tentent de se suicider avant l'âge de 20 ans parce que victimes d'une oppression permanente à l'extérieur comme à l'intérieur de la famille. Et c'est cette même « famille » qui souvent les répudie et les met à la porte.
Face à ce que la société capitaliste fait du mariage, la démarche à suivre semble bien de ne pas confier sa relation amoureuse à l’État. C'est à dire de préférer à la demande en mariage une déclaration d'amour à la Brassens : « j'ai l'honneur de ne pas te demander ta main », chantait-il. Mais pour que chacun puisse bénéficier de cet « honneur », il faut que les homosexuels aient les mêmes droits que les hétérosexuels, notamment celui de se marier !
Cette société est capable du pire : depuis plusieurs semaines, nous respirons les effluves de la coalition UMP-FN-clergés. Mais elle est aussi grosse de l'émancipation sociale. Lors de la Commune révolutionnaire de Paris en 1871, pendant deux mois, le prolétariat parisien a abattu tout un tas de préjugés. A nous de reconquérir le pavé. Comme lors des mouvements sociaux, la rue doit être le territoire de ceux qui luttent pour l'émancipation et non des réactionnaires de toute obédience.