Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 27 février 2012
Ils auraient bien aimé voler la vedette à Jean Dujardin et Omar Sy, Sarzoky et Hollande qui, devant les caméras, se mettent à pointer le temps d’une élection au portail de quelques-unes des usines menacées de fermeture, ou à flatter le cul des vaches. Mais pas sûr que la France qui se lève tôt leur accorde le moindre Oscar ou César. Leur comédie ne prend pas.
Sarkozy, le président des riches, se paie le ridicule de vouloir se faire passer pour « le candidat du peuple », lui qui n’a su que bafouiller sans conviction, à la télévision, qu’il regrettait son déjeuner au Fouquet’s en compagnie de ses copains du CAC 40.
Quant à ses gestes de dame patronnesse en faveur des licenciés, parlons-en. La semaine dernière, par exemple, il a visité la raffinerie Petroplus près de Rouen, où le patron a décidé de mettre la clé sous la porte après avoir vidé le compte en banque de l’entreprise, en laissant 550 travailleurs sur le carreau. Sarkozy leur a promis de rechercher un repreneur, et déclaré que Shell, l’ancien propriétaire du site, était prêt à garantir l’activité... pendant six mois. Bref, après les élections, le déluge ! « C’est quand même mieux que rien », a-t-il fini par dire, irrité, à un travailleur qui semblait sceptique sur le super-sauveur.
Hollande, lui, a rendu visite aux salariés d’ArcelorMittal à Florange, pour dire que s’il est élu, il fera une loi pour obliger les entreprises qui veulent fermer... à quoi ? À ne pas licencier ? À garantir les salaires, à partager le travail entre tous les sites ? Mais non. À les obliger... à faire appel à des repreneurs ! Autrement dit, guère autre chose que Sarkozy ! La belle obligation, de faire appel à ces prétendus « repreneurs », experts en voyoucratie financière, dont on sait qu’ils se font une spécialité de fermer l’usine à leur tour après l’avoir acquise pour une bouchée de pain.
« On ne pourra pas faire de miracles, non plus », a d’ailleurs prévenu Hollande lors d’une visite dans une cité de Bonneuil-sur-Marne, dans la banlieue parisienne, où plus d’un jeune sur quatre est au chômage ! Mais combien de miracles en faveur des riches en baisses d’impôts et de charges sociales, ou en subventions que ces grands patrons encaissent avidement avant de décider de fermer un site tout juste rénové, comme cela vient de se passer en Haute-Vienne à l’usine Albany ?
Il n’est pas question, ni pour Sarkozy ni pour Hollande, d’imposer aux patrons des mesures qui iraient à l’encontre de leurs intérêts. Les seules mesures vraiment contraignantes et même insultantes, sont prises contre les travailleurs, les chômeurs et les plus pauvres.
Contre le chômage, l’interdiction des licenciements et des suppressions de postes est une mesure d’urgence pour toute la classe ouvrière
Il faut interdire les licenciements en prenant sur les profits, non seulement sur les comptes des entreprises, mais sur ceux de leurs dirigeants et actionnaires. Il faut répartir le travail disponible entre tous les salariés en diminuant autant que nécessaire le temps de travail, sans perte de salaire. Et embaucher dans les services publics.
Seuls les candidats d’extrême-gauche ont inscrit ces mesures à leur programme. Un programme qu’aucune élection ne pourra réaliser, mais qu’il faudra imposer par la lutte d’ensemble du monde du travail.
Salariés, ne gageons pas notre avenir sur les élections, mais sur notre combativité et l’unification de toutes nos luttes
Les révoltes qui ont déjà éclaté, que ce soit en Grèce, au Sénégal ou à la Réunion, montrent que la population, réduite à la misère, n’est pas disposée à accepter son sort. Cette révolte est en passe de faire tache d’huile dans le monde entier. Ici aussi, nous ne pourrons pas tout accepter sans réagir. Contre le chômage, pour défendre notre droit à vivre dignement, il faudra une mobilisation d’ensemble des travailleurs.
C’est ce que Philippe Poutou affirme dans cette campagne en tant que candidat du Nouveau parti anticapitaliste. Lui est un ouvrier de l’automobile, qui pointe tous les jours à l’usine et pas devant les caméras tous les cinq ans.