Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 30 janvier 2012
Pas encore candidat, Sarkozy ! Mais décidé à nous annoncer qu’il entend bien mener la guerre aux travailleurs s’il était réélu. Son programme est d’ailleurs taillé sur mesure pour le patronat. Mesure phare de son intervention télévisée, la baisse de ce que les patrons appellent de façon mensongère le « coût du travail », alors que c’est le travail, le nôtre, qui leur rapporte et les enrichit. Il s’agit d’exonérer les patrons d’une partie de leurs cotisations sociales, en fait d’une partie de notre salaire différé. Et attention, pas question de baisser les cotisations des salariés ! Donc nouveau cadeau au patronat et nouvelle ponction sur ce qui nous est dû. Pour financer cette réforme anti-ouvrière, la TVA passera de 19,6% à 21,2%. Prendre aux pauvres pour donner aux riches. Tout un programme ! Les représentants du patronat se frottent d’ailleurs les mains à l’idée de cette nouvelle exonération. Pour PSA, elle permettrait, prétendent-ils, de baisser de 400 euros le prix d’un modèle « made in France » de moyenne gamme et de maintenir les emplois. Cela n’empêche pas dans le même temps PSA de maintenir son annonce de suppressions d’emplois !
Ce ne sont pas les travailleurs mais le patronat qui coûte cher à la société !
Alors trop élevé le « coût du travail » ? Pourtant ce ne sont pas les travailleurs qui coûtent de l’argent. Au contraire, ce sont eux qui produisent toutes les richesses. Depuis la conception dans les bureaux jusqu’au bout de la chaîne de production en passant par l’administration et les transports, ce sont en réalité les travailleurs qui font fonctionner l’économie toute entière. Sans nous, point de profits pour les patrons. Le salaire qu’on nous reverse en fin de mois, comme le salaire différé des cotisations patronales, n’est en fait qu’une infime partie de toute la richesse que nous produisons collectivement. Alors, parlons clair : « baisser le coût du travail », c’est tout simplement aggraver l’exploitation et l’injustice sociale.
La rigueur version Hollande
De son côté, François Hollande est entré officiellement en campagne. Mais il a prévenu : s’il est élu, les deux premières années de son quinquennat seront « dures ». Les questions sociales ne seront abordées que dans un deuxième temps… seulement si la croissance le permet. Une façon détournée d’annoncer qu’il s’apprête, tout comme Sarkozy, à faire payer la crise aux travailleurs.
Le seul point sur lequel il a été clair lors de son intervention télévisée où il présentait son programme, c’est qu’il ne compte pas défaire tout ce que la droite a fait ! Pas question de revenir aux 37,5 annuités pour tous. Tout juste est-il question d’un départ à la retraite à 60 pour les travailleurs ayant commencé avant 18 ans. Pas question non plus de régulariser tous les sans-papiers, seulement au cas par cas. Les 60 000 postes à créer dans l’Education nationale ? Ils seront pris sur les effectifs déjà laminés des autres services publics. Interdire les licenciements ? N’y pensez même pas !
Ne rien attendre du prochain président, mais tout de la coordination de nos luttes
Face à l’offensive concertée du patronat et du gouvernement, les travailleurs n’ont pas à faire de choix entre leur vrai ennemi de droite et leur faux ami socialiste. D’ailleurs nombreux sont ceux qui n’attendent rien de ces élections et se battent déjà contre leurs licencieurs : les ouvrières de Lejaby, les salariés de SeaFrance, les ouvriers de PSA et bien d’autres, sans oublier les enseignants et autres salariés de la fonction publique. La liste est longue.
Il n’y a pourtant aucune fatalité à ce que chacun se batte isolement, le dos au mur, pour finalement être mis à la porte. Tous ces travailleurs ont les moyens, en unifiant leurs luttes, en s’adressant aux autres entreprises menacées de licenciements, de faire basculer dans le camp des grévistes les hésitants, les isolés, pour enfin, tous ensemble, faire reculer patronat et gouvernement et imposer l’interdiction des licenciements.