Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
L’épisode des révolutions arabes n’est pas terminé, bien au contraire. Bientôt deux ans après la chute de Ben Ali et Moubarak, Tunisiens et Égyptiens refusent toujours de se laisser confisquer leurs révolutions.
Les Égyptiens reprennent la place Tahrir
Depuis plusieurs semaines, en Egypte, les manifestations se suivent et s’amplifient pour contester la politique du président Mohamed Morsi. Cet islamiste prétendu « modéré », issu des Frères musulmans, marche sur les pas de son prédécesseur, le dictateur Moubarak. Il s’était octroyé les pleins pouvoirs, dans le but de mettre en place une nouvelle Constitution, restreignant la liberté de religion et d’expression.
Fin novembre, ils étaient des dizaines de milliers à réoccuper la place Tahrir. Début décembre, ils ont aussi encerclé à plusieurs reprises le palais présidentiel en annonçant « Nous ne voulons pas remplacer un dictateur par un autre ».
L’ambiance au Caire rappelle la fin de l’ère Moubarak. L’armée a déployé ses chars et installé des barrages autour du palais présidentiel et dans la capitale. Des avions de chasse survolent la ville tandis que des voyous armés partisans du Président attaquent les manifestations anti-Morsi. Malgré ces intimidations du régime, la contestation n’a pas été brisée. Après des jours de lutte acharnée, Morsi a dû retirer son décret par lequel il s’attribuait les pleins pouvoirs. Ce n’est qu’un début…
En Tunisie « le peuple veut une autre révolution »
En Tunisie, plusieurs jours d'émeutes dans la petite ville de Siliana ont mis en lumière les espoirs déçus de la révolution de 2011. À quelques jours du deuxième anniversaire de la révolution tunisienne, ils y étaient plusieurs milliers, excédés par la misère et le chômage, à descendre dans les rues. Les murs se sont couverts de graffitis faisant écho au mouvement de 2011 « Le peuple veut une autre révolution », « Ennahdha, dégage ! La partie est terminée ».
Le président tunisien Moncef Marzouki a tiré vendredi soir la sonnette d'alarme dans un discours à la nation « Nous n'avons pas une seule Siliana [...], j'ai peur que cela se reproduise dans plusieurs régions et que cela menace l'avenir de la révolution ». Ce qu’il appelle « révolution » c’est surtout son nouveau régime… qu’il entend bien consolider contre la contestation sociale qui le menace.
Le parti Ennahdha au pouvoir a déjà sorti la matraque. À Siliana la répression policière a fait plus de 300 blessés, tandis que des milices islamistes proches d’Ennahdha ont lancé des attaques contre le syndicat UGTT.
Les manifestations à Tunis et dans le reste du pays ont montré que Siliana n’était pas seule à s’opposer au régime. Une grève générale vient d’être appelée pour le 13 décembre, la veille de l’anniversaire de la révolution tunisienne.
En 2011, la force des masses populaires avait provoqué la chute de deux dictateurs. Deux ans plus tard, la colère et la volonté d’en finir avec la misère et l’exploitation sont toujours présentes.
