Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
La semaine dernière, alors que Khadafi lançait ses chars et son aviation contre les manifestants qui réclamaient son départ, que ses mercenaires tuaient au hasard dans les rues de Benghazi et de Tripoli, les dirigeants des pays impérialistes se sont contentés d'appeler à « faire preuve de retenue dans l'usage de la force ».
Il faut dire que nombre d'entre eux étaient avant tout préoccupés par la menace du dictateur libyen, garde-chiourme depuis des années de l'immigration africaine pour le compte de l'Union Européenne, d'ouvrir les camps où des dizaines de milliers d'immigrés sont parqués dans des conditions inhumaines.
Mais tandis que la dictature de Khadafi est peut-être entrain de vivre ses derniers instants, l'onde de choc des révolutions tunisienne et égyptienne continue de s'étendre à l'ensemble du monde arabe, en Algérie, au Yémen, au Bahreïn, en Iran, ou au Maroc, et à prendre de l'ampleur, en particulier en Tunisie.
Après le dictateur, le peuple tunisien s'attaque à la dictature
Un mois et demi après la chute de Ben Ali, les travailleurs et la jeunesse tunisienne voyaient bien que le système Ben Ali était toujours en place. Mettre fin à la dictature c'est donc bien plus que mettre le dictateur dehors. Car le gouvernement tunisien, même sans Ben Ali, est toujours là pour protéger les intérêts des plus riches et des puissances impérialistes occidentales en Tunisie.
Ainsi, vendredi dernier, place de la Kasbah, à Tunis, une foule immense s’est rassemblée pour réclamer le départ du gouvernement de transition. Leur slogan : « Non à la confiscation de la révolution ». Les manifestants étaient même plus nombreux dans la rue que le 14 janvier, jour du départ de Ben Ali.
Le gouvernement soit-disant démocratique de Mohammed Ghannouchi a cherché à réprimer (comme du temps de Ben Ali) et 5 manifestants ont été tués au cours des combats avec la police. Mais rien n’y fait quand le peuple est en marche : Ghannouchi a dû démissionner.
Et ce n’est sans doute qu’une étape de plus : c'est dans la lutte et par la lutte que les exploités prennent conscience de leur force ! Vive la révolution en Tunisie, au Maroc, et partout ailleurs !