Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Il y a 51 ans à Paris, des policiers français jetaient des Algériens à la Seine. C’était le 17 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie. La répression de cette manifestation allait devenir l’un des nombreux crimes occultés de l’État Français.
Douze jours plus tôt, le préfet de police avait interdit aux Algériens de circuler dans les rues de Paris et de la région parisienne entre 20 h 30 et 5 h 30 du matin. Contre ce couvre-feu raciste, les Algériens ont appelé à une grande manifestation pacifique. Le préfet de Paris (le sinistre Maurice Papon) avait donné carte blanche à sa police : « (…) vous êtes couverts par la légitime défense et par vos chefs. » En une nuit, plus de dix mille Algériens furent arrêtés. Les flics de Papon frappaient sans retenue, torturaient et assassinaient. Les jours suivants, on allait retrouver des dizaines de cadavres d’Algériens noyés dans la Seine ou pendus dans les bois parisiens. Si l’on ignore encore le nombre exact d’Algériens qui furent ainsi sauvagement assassinés, on sait qu’au moins deux cents d’entre eux ont disparu cette nuit là.
Si, il y a quelques jours, Hollande a reconnu la « sanglante répression », il n’a rien dit sur les responsabilités de la police qui a agi sous les ordres du préfet et du gouvernement.