Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 3 mai 2010
Nouvelle hausse de 2 % de la TVA, suppression des 13e et 14e mois pour les fonctionnaires, gel des salaires, recul de l’âge de départ à la retraite, révision de la législation sur les licenciements pour permettre aux patrons de licencier plus facilement, salaire minimum rabaissé pour les jeunes... Voilà ce que Sarkozy comme Merkel, sans oublier le directeur « socialiste » du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss Kahn, appellent un plan d’aide à la Grèce ! Une guerre de classe contre les travailleurs. Voilà dont se réjouissent, sans honte, les gouvernements européens.
Ce plan d’austérité vaut tous ces plans scélérats que le FMI imposait jusque-là aux pays du tiers monde en réduisant à la misère noire leurs populations, en démantelant ce qui restait de leurs services publics tout en favorisant toujours plus la corruption. Ce FMI, qui n’est jamais que l’huissier des grandes banques et multinationales des pays riches, vient donc désormais présenter aussi la note aux peuples d’Europe. Car le plan d’austérité était bien la condition posée par le FMI et les Etats de la zone Euro pour prêter des fonds à la Grèce. Un prêt, il faut le préciser, dont les conditions ne sont pas particulièrement avantageuses, avec un taux d’intérêt à 5 %.
Il s’agit de « prêter » à l’Etat grec de quoi rembourser les traites à venir à ses créanciers, disons plutôt ses usuriers. Ce qui signifie que les premiers milliards versés par le FMI et les Etats européens ces prochains jours iront d’abord dans les coffres des grandes banques qui possèdent une partie de la dette grecque (et en profitent !), à commencer par les banques allemandes et françaises ! Comme ceux du Crédit Agricole, qui en détient pour 850 millions d’euros. Mais aussi la Société générale, la BNP Paribas, etc. Ces mêmes banques qui ont déjà reçu des milliards de l’Etat l’an dernier pour avoir trop spéculé, et qui repassent maintenant à la caisse… au détriment des travailleurs grecs ! Pour le moment. En attendant la succession des nouveaux plans d’austérité dans tout le reste de l’Europe, y compris en France. A croire qu’à force de cynisme, tous ces gens-là préparent une bonne révolution, qui pourrait bien se propager un de ces jours d’un bout à l’autre de l’Europe !
Le FMI, donc, va aujourd’hui chercher l’argent dans les poches des salariés et retraités grecs, au profit des principaux responsables de la crise grecque. Car ce sont ces mêmes banques et financiers qui spéculent sur la dette grecque et imposent des taux d’intérêt usuraires à la Grèce.
Mais si la bourgeoisie, avec ses politiciens de toutes couleurs, y compris socialistes, est unanime à réclamer des sacrifices au peuple grec, il n’est pas dit qu’elle y arrivera si facilement. Les travailleurs grecs ne se laissent pas berner par les discours sur les sacrifices nécessaires.
Ils ont eu mille fois raison de manifester le premier mai contre le plan du gouvernement « socialiste », et de crier leur refus des « mesures barbares » imposées par le FMI. Une mobilisation qui se poursuivra le 5 mai avec une journée de grève générale.
La Grèce, pays d’Europe plus petit et un peu plus endetté que d’autres, a été la première cible des spéculateurs, les fameux « marchés ». Mais ce n’est pas un cas isolé. Déjà on nous annonce que le Portugal, l’Irlande et l’Espagne sont dans la ligne de mire. De toute façon, les gouvernements de ces pays ont eux aussi entamé des attaques contre les travailleurs du même ordre que le plan grec sous prétexte de réduire des déficits excessifs. Et en France, la réforme des retraites que prépare le gouvernement est aussi présentée sous cet angle.
Solidaires avec le peuple grec, il faut l’être ! Avec les travailleurs qui refusent les mesures programmées par la bourgeoisie grecque, appuyée par les gouvernements européens et le FMI. Et la meilleure façon d’être solidaire, c’est de nous battre pour faire reculer, nous aussi, les plans anti-ouvriers auxquels nous avons à faire face.