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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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Ne pas se contenter d’un traditionnel 1er mai

Édito des bulletins L'Étincelle du 26 avril 2010

 

   Comme chaque année, le 1er mai sera l’occasion pour les travailleurs de mettre en avant leurs revendications. Ce ne sont pas les motifs qui manquent à la colère. Le patronat et le gouvernement leur font chèrement payer leur crise, par des licenciements et des fermetures d’usines dans le privé, par des suppressions de postes en masse dans le public, par de bas salaires et de maigres retraites qu’on voudrait encore nous amputer.

Tous les moyens sont mis pour cette campagne d’épouvante et de culpabilisation sur les retraites : on irait à la catastrophe, il faudrait absolument faire quelque chose, repousser l’âge de départ, augmenter les cotisations, bref au bout du compte, nous faire avaler encore une baisse des pensions.

 

   Ce ne sont pourtant que des bobards. Les énormes gains de productivité de ces quarante dernières années, devraient permettre à tous de vivre décemment, si nous n’étions pas dans ce système capitaliste où les patrons et leur Etat s’emploient à voler aux travailleurs le fruit de leur travail. Et leur attitude aujourd’hui face à leur crise en dit long : les classes populaires devraient payer seules les prétendus 10 milliards de déficit des caisses de retraites, tandis qu’un plan de sauvetage de centaines de milliards – probablement 500 milliards d’euros et plus – a été allègrement débloqué pour les banquiers et les industriels secoués par leur propre crise.

 

   Et ce sont ces mêmes possédants qui s’octroient de super dividendes, des parachutes dorés, des niches et boucliers fiscaux, en veux-tu en voilà grâce aux bons soins de Sarkozy et son équipe, qui voudraient baisser les retraites des vieux… alors que déjà 50 % des retraités en sont réduits à une pension inférieure à 1000 euros.

Ce n’est pas du côté du parti socialiste que les travailleurs peuvent attendre la moindre aide. Il n’est pas le dernier à expliquer qu’il y a un problème de financement et que ce sont aux travailleurs de payer. S’il fait mine de vouloir mettre aussi à contribution les plus riches, c’est qu’il gauchit un peu son discours pour gagner les présidentielles de 2012. Mais L’aveu de Martine Aubry, lâché en pleine campagne des régionales, sur le recul de l’âge de départ à 62 ans, en dit long sur les projets de la gauche.

 

   D’ailleurs, là où des socialistes sont actuellement au pouvoir, en Espagne, au Portugal ou en Grèce, ce sont eux qui renflouent les banques et lancent les attaques contre le monde du travail. En Grèce, c’est un gouvernement socialiste qui impose la hausse de la TVA, les privatisations, les réductions d’effectifs dans le public, la baisse des salaires des fonctionnaires, le gel des pensions et le report de 2 ans de l’âge de la retraite. Et c’est Strauss-Kahn qui, à la tête du FMI, s’est entendu avec Sarkozy et Merkel pour accorder une « aide à la Grèce »... en échange d’un plan d’austérité contre les travailleurs.

 

   Pourtant, pas plus qu’en Grèce la combativité ne manque ici. Des cheminots ont fait grève 15 jours contre les conséquences sur les salaires et l’emploi du démantèlement de la SNCF. Des coups de colère ont éclaté dans les hôpitaux, écoles, crèches ou bureaux de poste. Une multitude de travailleurs du privé, dans de petites ou très petites entreprises, sont aussi en lutte pour gagner davantage, ou ne pas perdre leur emploi. Avec le soutien de 11 syndicats et associations, 6 000 travailleurs sans-papiers poursuivent leur grève pour la régularisation.

 

   Notre programme peut se résumer à quelques revendications communes :

      - Interdiction des licenciements et des suppressions de postes, au contraire embauches massives dans tous les secteurs.
      - Augmentation de 300 euros pour tous et pas de salaires ni retraites inférieurs à 1500 euros nets mensuels.
      - Maintien de la retraite à 60 ans et retour aux 37,5 annuités de cotisation.
      - Régularisation de tous les travailleurs sans papiers.
      - Contrôle ouvrier sur les comptabilités patronales.

 

   Nous devons faire entendre notre voix dans la rue ce 1er mai. Mais il faut préparer une suite, faire converger les coups de colère dans une riposte d’ensemble, préparer une mobilisation qui ne s’arrête pas au défilé traditionnel que préparent les directions syndicales.

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