Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

Publicité

C’est 300 euros de plus par mois qu’il nous faut !

Édito des bulletins L'Étincelle du 24 avril 2011

Après avoir lancé en fanfare son idée d’une prime annuelle obligatoire pour les salariés, Sarkozy, visitant la classe ouvrière dans les Ardennes – lieu de ses promesses électorales sur le pouvoir d’achat – mardi 19 avril, a piteusement battu en retraite. Le ministre du budget Baroin n’avait pas paru très assuré en avançant le montant de 1000 euros. Aussi bredouillait-il déjà que rien ne serait « imposé » au patronat.

Peine perdue ! La présidente du Medef Laurence Parisot a aussitôt brandi le chantage à l’emploi : cela « risquerait d’empêcher les recrutements à venir  ». Vieille ficelle que d’opposer salaires et embauches, pour mieux justifier les compressions des salaires car, côté embauches, on n’a rien vu venir ! Mais cela a suffi pour que la ministre de l’économie Christine Lagarde, puis Sarkozy lui-même, en rabattent énormément, au point qu’on se demande quel patron sera assez bête pour la payer.

Total par exemple ne verserait pas un centime à ses salariés malgré ses 10,2 milliards d’euros de bénéfices, car seules les entreprises ayant augmenté les dividendes (la part des profits reversée aux actionnaires), sont concernées. 84 % des PME, ne versant pas du tout de dividendes, sont elles aussi exclues de la prime. Tant pis si elles emploient la majorité des salariés...

De l’effondrement du pouvoir d’achat…
Les profits sont au plus haut : plus de 82 milliards de bénéfices pour les entreprises du CAC 40 en 2010 ! Les salaires ne suivent pas. Dans les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), les patrons ne lâchent que des augmentations inférieures à 2 %, soit la hausse officielle des prix sur l’année passée. Chiffre bidon, car les dépenses obligatoires des familles ouvrières flambent : 15 % à 20 % sur le carburant depuis septembre dernier, 20 % sur le gaz en un an, 10 % sur l’électricité. Les prix des produits alimentaires suivent : les pâtes, la farine, l’huile, le pain, le lait – pas une hausse de moins de 5 %, la plupart entre 10 et 20 %.

…à la lutte pour l’augmentation des salaires
Dans de nombreuses entreprises des grèves ont éclaté dans des secteurs inhabituels, comme à Carrefour le samedi 9 avril, ou tout récemment les croupiers des casinos de Monaco. Les travailleurs de Nutella ont obtenu une augmentation de 60 euros et une prime de 30 euros. Les ouvriers de la fromagerie de Beauzac, appartenant au groupe Bongrain, avaient obtenu au bout de 8 jours de grève 80 euros mensuels, deux primes de 190 euros et l’embauche de 19 précaires en CDI. Leur succès a poussé ceux de l’usine de salaison de Souchon d’Auvergne, toujours du groupe Bongrain, à faire 5 jours de grève : ils obtiennent 54 euros mensuels, une prime de 100 euros et le paiement de plus de 3 jours de grève.

À l’usine Toyota de Somain, dans le Nord, les travailleurs ont obtenu 800 euros de prime en plus des 1,9 % d’augmentation de salaire, ceux de l’usine voisine d’Onnaing entamant du coup eux aussi une grève sur les salaires – suspendue la semaine dernière à cause du chômage partiel consécutif au séisme japonais. Et les employés bordelais de l’agence de pompes funèbres Roc’Eclair ont obtenu une augmentation de 120 euros par mois ! Dans l’ensemble, ces augmentations ne sont pas à la hauteur de ce que réclamaient les travailleurs mais, sans leurs grèves, ils auraient obtenu encore moins !

Le jour même où Sarkozy s’efforçait de soigner sa cote de (im)popularité dans les Ardennes, le gouvernement annonçait le maintien du blocage des salaires des 5 millions de fonctionnaires pour la deuxième année consécutive. Le message est clair : du public ou du privé, nous ne pourrons compter que sur nos luttes. Unifier, faire converger celles-ci doit être l’objectif de tous ceux qui sont ou entrent en grève. Car un mouvement d’ensemble est seul à même de contraindre le patronat et l’Etat à lâcher de quoi vraiment compenser la hausse des prix. C’est au moins 300 euros de plus pour tous par mois qu’il nous faudrait. Quitte à entrer en grève, autant demander ce dont nous avons besoin.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article