Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 4 avril 2011
Un « vent de liberté », une « victoire de la démocratie », voilà ce dont se vantaient la presse et les dirigeants français commentant la « fulgurante » progression militaire des troupes d’Alassane Ouattara vers le Sud de la Côte d’Ivoire. Quelques heures auront suffi pour que les mensonges s’effondrent.
Alors que la presse avait déjà révélé un bilan officiel provisoire de plus de 400 morts depuis les élections contestées et en avait accusé allègrement le seul Gbagbo, voilà qu’un communiqué du comité international de la Croix-Rouge affirme qu’« au moins 800 personnes » auraient été tuées mardi dernier dans la ville de Duékoué par des partisans de Ouattara. Une abomination largement prévisible qui aura valu à Ouattara au moins trois coups de téléphone embarrassés de Nicolas Sarkozy.
On n’ose imaginer combien de massacres seront encore à déplorer. Mais on sait désormais que Ouattara les aura perpétrés tout autant que Gbagbo, et que le second était soutenu par la France comme l’est actuellement le premier. Preuve s’il en fallait que la population n’a rien à espérer de Ouattara, comme de son rival, tous deux serviteurs des intérêts impérialistes dans la région.
Car si, comme le prétendent les dirigeants occidentaux, Alassane Ouattara a été élu président « par les urnes » (lui qui avait tout de même tenté un coup d’Etat militaire en 2002 !), le voilà au pouvoir par la force des armes. Des armes fournies par les puissances impérialistes et une opération militaire « fulgurante » concoctée par des conseillers français et américains présents sur place. Comment oublier en effet que 9 000 casques bleus sont actuellement présents dans le secteur et prétendent protéger la population alors que la Licorne, l’armée française forte de près de 1000 hommes sur place, occupe l’aéroport d’Abidjan ?
Comment oublier que les entreprises françaises, les Bolloré, Bouygues, Total, Orange, Sagem et autres BNP-Paribas, pillent les ressources naturelles et humaines du pays, en se garantissant le monopole du marché ivoirien, ce pré-carré français, grâce à tous les dictateurs « élus » qu’elle a mis en place : Houphouët-Boigny, Bédié, Gbagbo, puis Ouattara.
Cela fait près de dix ans que la population ivoirienne subit deux bandes armées à la fois. Rackettée, terrorisée, voire massacrée des deux côtés, par les bandes rivales, pendant que le chômage s’accroît, que la misère devient insupportable. Gbagbo, comme Ouattara, n’ont pas hésité depuis des années à utiliser une démagogie de plus en plus violente contre les ethnies sur lesquelles s’appuie leur rival. Une haine ethnique diffusée d’en haut sous le regard bienveillant de la France, destinée à opposer les pauvres entre eux.
La barbarie raciste qu’ils véhiculent n’est pas propre à l’Afrique. C’est ce même type de haine que distille ici même, en France, Sarkozy et ses ministres contre les travailleurs immigrés. Pas moins crapuleuse et qui pourrait également avoir des conséquences catastrophiques si une partie des travailleurs s’y laissait prendre.
En Côte d’Ivoire, les Gbagbo et Ouattara ont, ou ont eu partie intimement liée avec nos propres dirigeants politiques : Ouattara, ex-haut responsable au FMI, grand ami de Sarkozy, et Gbagbo lié aux dirigeants du Parti Socialiste, et les deux aux différents gouvernements français.
Aujourd’hui, des centaines de milliers d’Ivoiriens tentent désespérément de quitter le pays. Tout cela n’est pas sans rappeler le Rwanda, ses centaines de milliers de morts et ses massacres ethniques. Massacres dont l’impérialisme français, au Rwanda en particulier, était déjà complice.
Des dirigeants qui spéculent sur le racisme, des trusts qui règnent en maîtres, une population pauvre, pressurée et terrorisée. C’est la vérité du capitalisme, en l’occurrence français. Il faudra bien qu’un jour les exploités de tous les pays, de toutes les cultures, ici comme là-bas, se serrent les coudes pour en finir avec leurs véritables ennemis, ceux qui les exploitent et les oppriment, et tentent de les diviser pour mieux régner.