Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 8 novembre 2010
Plus d’un million de manifestants ont à nouveau défilé samedi dernier contre la réforme des retraites et face aux attaques générales contre le monde du travail. Bien sûr cette huitième journée de mobilisation a rassemblé moins de monde que les grosses journées du 12 et 19 octobre. Mais après deux mois de mobilisation d’un mouvement qui a passé les vacances scolaires et malgré une météo peu clémente, la journée de samedi montre que la colère est toujours là.
La colère générale
Si ce mouvement dure depuis si longtemps, c’est parce que le ras-le-bol de la politique gouvernementale et patronale est général. Contre le recul de l’âge légal de départ en retraite bien sûr, qui correspond dans les faits à une baisse généralisée des pensions. Mais pas seulement. Ras-le-bol de la dégradation des conditions de travail, des surcharges de travail. Ras-le-bol des licenciements, des compressions d’effectifs. Ras-le-bol des chantages patronaux alors que les dividendes des actionnaires explosent. Ras-le-bol de la précarité, du chômage et des bas salaires. On l’a bien vu au cours de ce mouvement où les slogans et revendications dépassaient le simple cadre de la réforme des retraites. À commencer par les raffineries dont les possibles fermetures ont contribué à la radicalisation de leurs salariés. Ce qui a poussé des millions de salariés et la jeunesse à crier deux mois durant leur colère dans la rue, c’est toute cette société pourrie.
Comment gagner ?
Pourtant, après deux mois de mobilisation et 8 journées d’action massives, le gouvernement n’a pas cédé. Pas parce qu’il n’est pas possible de le faire reculer. Loin de là. Mais en ces temps de crise capitaliste, les profiteurs mènent une véritable guerre sociale contre le monde du travail. A nous, qui créons toutes les richesses sans en bénéficier, de répondre par les grands moyens.
Les journées d’actions, même nombreuses et rapprochées ne sont donc pas suffisantes. Il faut passer à un autre stade de la mobilisation. Un stade où il n’y pas seulement d’une part certains secteurs en grève qui servent de locomotives au mouvement, et d’autre part ceux qui, tout en étant solidaires, font grève par procuration. L’enjeu était que la grève se généralise à tous les secteurs, à toutes les entreprises grandes ou petites, et il faudra bien y parvenir dans les prochaines manches du bras de fer avec le gouvernement et le patronat.
Le mouvement de ces dernières semaines nous a permis de faire un certain nombre d’expérimentations qui vont dans le sens d’une authentique grève générale. La volonté de tisser les liens entre les travailleurs des différentes entreprises s’est souvent manifestée : par des actions locales en tous genres, comme des débrayages et des blocages répétés de Marseille au Havre, de Rouen à Toulouse, de Lyon à la région parisienne… un peu partout en fait pour se rassembler, s’adresser à d’autres, ou participer à des Assemblées Générales interprofessionnelles ou de cheminots. Dans toutes les villes et localités, grandes et petites, on a assisté à des actions collectives réunissant raffineurs, cheminots, enseignants, postiers, territoriaux, salariés du privé… C’est ainsi qu’a commencé à se constituer, au-delà de chaque entreprise, un milieu militant en commun pour une grève qui s’étendrait et se généraliserait. C’est là où se forgera l’unité d’action effective, le véritable Tous ensemble, sans tenir compte des hésitations et calculs des directions confédérales.
Ce n’est qu’un début
De telles initiatives doivent se poursuivre et permettre de renforcer ces liens précieux pour l’avenir.
Et ceci, sans attendre l’échéance électorale illusoire de 2012. C’est dès maintenant, alors que nous avons commencé par riposter massivement contre le gouvernement, et que la population nous soutient, qu’il faut pousser l’avantage. Cette mobilisation doit nous servir de répétition générale pour les proches combats à venir. Nos adversaires de classe espèrent le reflux, préparons-leur le raz-de-marée social !