Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 15 novembre 2010
Comme prévu, le pouvoir s’est offert un repoudrage, sous la forme d’un remaniement ministériel. Au final, quelques arrivées, départs et changements de postes. Bref, après plus de deux mois de mouvement contre la réforme des retraites, le train-train politicien reprendrait ses droits. Mais ce qui est sûr, c’est qu’avant d’être remanié, le gouvernement a bien été secoué par la grève.
Notre camp qui s’affirme
Secoué par ces millions d’entre nous qui, pendant deux mois, ont fait grève et sont descendus dans la rue. Et pas seulement contre la réforme des retraites. Preuve en sont les slogans des manifestations, dont un certain nombre attaquent plus généralement cette société qui tourne pour les capitalistes et les riches. Ou les revendications dans de nombreuses entreprises en grève, dont certaines raffineries, qui liaient les retraites aux salaires ou à l’emploi.
Secoué aussi par les travailleurs qui ont reconduit la grève, comme ceux de la SNCF ou des raffineries. Bien sûr, pour gagner, il aurait fallu que leur exemple fasse tache d’huile et que la grève devienne générale. Mais ils ont montré la voie par une grève « active », avec, partout en France, contacts, actions et assemblées générales entre grévistes de différents secteurs. Et à travers cela, des liens se sont noués entre travailleurs faisant partie d’entreprises différentes, mais faisant partie d’une même lutte.
Alors qu’en reste-t-il aujourd’hui, même si nous n’avons pas gagné ? Il en reste que nous ne nous sommes pas laissés faire et pouvons en être fiers. Après avoir subi les attaques pendant des années, une bonne partie de la classe ouvrière a pris conscience de la force sociale qu’elle représente. Il en reste l’expérience de la grève et les liens noués entre travailleurs de différentes entreprises, précieux pour les luttes de demain. Un premier tour de chauffe pour notre camp !
Les raisons de la colère restent
Car la réforme des retraites n’est qu’un épisode de la guerre que mènent le patronat et le gouvernement contre le monde du travail. Une guerre qui prend la forme des licenciements et de la précarité depuis des années.
Ou encore des salaires qui, contrairement aux prix, n’en finissent plus de stagner. A cette stagnation, on ne peut répondre que par la lutte, pour au moins 300 euros en plus sur toutes les fiches de paye.
Après les retraites, la sécu !
C’est aussi au nom de cette guerre pour les profits que le gouvernement, si généreux en exonérations de charges envers ses amis patrons, lance contre les salariés sa dernière attaque en date : la loi sur le budget de la sécu.
A la clé, entre autres, des déremboursements, dont certains touchent les personnes en maladie de longue durée. Avec pour conséquence l’augmentation des cotisations aux mutuelles.
Leurs solutions et les nôtres
La droite n’est pas la seule à remettre sur le devant de la scène les affaires politiciennes. A gauche, on a les yeux rivés sur 2012, en espérant capitaliser le récent mouvement dans les urnes. Ségolène Royal, par exemple, promet le retour au départ à la retraite à 60 ans... tout en étant d’accord avec la droite sur l’allongement de la durée de cotisations. Car, comme le dit si bien François Hollande, pour eux, « être à gauche ce n’est pas en promettre tant et plus ».
S’il y a une leçon à tirer du récent mouvement de grève, c’est bien que ceux qui préconisent la passivité et l’attente d’un « sauveur » électoral sont les pires conseilleurs qui soient.
C’est la grève qui a ébranlé le gouvernement et sa politique. Seul un mouvement massif, qui embrasserait l’ensemble de la classe ouvrière et non quelques secteurs-clés, est à même de le faire reculer. Les attaques du patronat et de son gouvernement continuent. La leçon peut resservir... peut-être plus tôt qu’il n’y paraît.