Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Politiciens et journalistes répètent que si l'État français est endetté c'est parce qu’il vit au-dessus de ses moyens, que les chômeurs et les malades coûtent trop cher, etc. En réalité, l'État n'est pas plus dépensier qu'il y a 20 ans. Au contraire, il l'est même moins relativement au PIB : ses dépenses représentaient 55 % du PIB en 1993 contre 52 % en 2007.
En fait, l'État s'est endetté pour trois raisons :
30 ans d'exonérations d'impôts pour les riches et leurs entreprises
Les exonérations pour les plus fortunés et leurs entreprises n'ont cessé de grimper. L'impôt sur les bénéfices des entreprises est passé de 45 % en 1986 à officiellement 33 % aujourd'hui. Dans la réalité, l'évasion et les niches fiscales permettent aux riches et aux grandes entreprises d'échapper à l'impôt. Plus les entreprises sont grosses, moins elles en payent. Les entreprises du CAC 40 n'ont payé que 8 % d'impôt sur leurs bénéfices en 2010 alors qu'elles ont fait un max de profits. Mises bout à bout, exonérations et niches fiscales forment un manque à gagner de 100 milliards d'euros par an pour l'État, de quoi combler le déficit public...
Le sauvetage des banques en 2008
Les dettes publiques se sont envolées en 2008-2009. La dette a été multipliée par 5 en Irlande ; en France elle est passée de 64 % en 2007 à 82 % du PIB en 2010. Et pourquoi cela ? Parce que les États ont choisi de sauver la planète Finance qui sombrait en 2008. Ils ont racheté les actifs pourris des banques et ont « socialisé leurs pertes » en leur filant de l’argent frais. S'en sont suivis des « plans de relance » de l'économie extrêmement coûteux.
Comble du cynisme, une fois que les requins de la finance ont été sauvés grâce à l'endettement des États, ils se sont précipités pour spéculer sur leur dette !
Les États, pompes à fric des spéculateurs
Depuis plus de trente ans, les États ne se financent plus auprès des banques centrales, organismes d'État. Ils empruntent aux banques privées à des taux pouvant aller jusqu'à 6 %.
Dans le même temps, les banques centrales prêtent aux financiers à des taux dérisoires, entre 0,25 % et 1,5 %.
En gros, les spéculateurs privés empruntent aux États pour que dalle et prêtent à des taux élevés aux États. C'est le jackpot à tous les coups pour les financiers !
D'une main, les États ont exonéré d'impôts les riches et leurs entreprises ; de l’autre main, ils ont emprunté aux banques l’argent qui leur manquait pour fonctionner. Et tout cela, en filant, en cadeau aux spéculateurs, des intérêts mirobolants.