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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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De DSK à Lagarde, le viol des peuples

Édito des bulletins L'Étincelle du 4 juillet 2011

Le balancier du feuilleton DSK est donc, pour le moment, repassé de l’autre côté. Si Nafissatou Diallo manque de crédibilité, il est sûr que Strauss-Kahn, lui, ne manque pas de crédit pour sa défense. Entre son ryad à Marrakech, son appartement place des Vosges et sa résidence surveillée à 50 000 € par mois, c'est avec stupéfaction que l'on apprenait de jour en jour plus de détails sur le train de vie de l'ex champion présumé de la gauche.

Et dans ce domaine comme sur le plan politique ce n'est pas sa remplaçante au FMI, Christine Lagarde, qui dépareillera : ex ministre sarkozyste elle fut auparavant présidente d'un très prospère cabinet d'avocats américain.

Toujours est-il que Lagarde ou DSK, à la tête de ce Fonds monétaire international, ce gang d’hommes de mains des spéculateurs internationaux, c’est le même racket, la même férocité contre les peuples. Christine Lagarde a d’ailleurs appris son élection au FMI (saluée aussi bien par Nicolas Sarkozy que Martine Aubry), au moment où les travailleurs grecs entamaient une grève générale de deux jours contre les attaques concoctées par les institutions financières.

Un plan de sauvetage des banquiers, un plan d’assassinat de la population
Le plan d’austérité dicté par le FMI à la Grèce a été voté vendredi et avec un tel «sauvetage» les travailleurs grecs ne risquent pas de sortir la tête de l'eau : suppressions massives de postes dans la fonction publique, gel ou réduction (jusqu’à 20 %) des salaires, âge de la retraite repoussé de 60 à 67 ans d’ici 2014, diminution des pensions et des aides aux plus pauvres et aux handicapés, hausse de la TVA de 10 points, poursuite de la privatisation de tous les services publics.

Tout cela, au nom de « la crise » nous dit-on. Mais comme disent les « indignés » espagnols, « ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie ! ». Car que se passe-t-il : après avoir trop généreusement secouru les banques, les États implorent un prêt pour boucler leurs fins de mois. Alors ce qu’on appelle la « troïka », c’est-à-dire la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI utilisent le chantage et la contrainte. À la caisse ! Étranglez votre peuple ! Faites-le payer pour protéger la finance !

Sarkozy, Merkel et consorts, flanqués des huissiers du FMI, feront en sorte que l'État grec rembourse sa dette, même à des taux usuraires. Au passage, depuis mai 2010 et le début de la crise grecque, la France (ou plutôt les banques françaises !) a récupéré 200 millions d'euros rien qu'en intérêts de la dette grecque.

C'est l'un des aspects les plus cyniques du cercle vicieux. Plus les taux d'intérêt sont élevés, plus les États ont du mal à rembourser les prêts, plus ils sont obligés d'emprunter pour payer les échéances et plus les banques (et derrière elles les grandes fortunes) augmentent à nouveau leurs taux d'intérêts en invoquant la crainte de ne pas être remboursées.

Ce nœud coulant en train d'étrangler la Grèce est peu ou prou à l'œuvre dans bien d'autres pays européens. L'Angleterre a connu jeudi dernier une grève inédite des travailleurs de la fonction publique qui subissent un gel des salaires pendant deux ans et 300 000 suppressions de postes. En Italie, le ministre de l'économie a présenté le même jour un plan d'austérité de 43 milliards d'euros sous forme de coupes budgétaires, gel des salaires et des embauches. Et ce qui se passe en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Angleterre, ne manquera pas de se passer aussi en France comme ailleurs.

À l'échelle européenne, les réactions des travailleurs sont loin d'être encore à la hauteur des attaques qui viennent de tous les gouvernements, de droite comme de gauche. Mais la vigueur et la persistance du combat de la population grecque sont un exemple des luttes qui pourraient bientôt concerner une large partie de la population européenne. Dès lors, l’indignation pourrait se transformer en révolte générale !

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