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Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.

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Le bras-de-fer des travailleurs grecs avec les banques françaises et allemandes

Édito des bulletin L'Étincelle du 27 juin 2011

Après avoir fait payer la crise aux Grecs une première fois en mai 2010, le gouvernement socialiste du pays s’apprête à en remettre une deuxième couche cette semaine.

Ce nouveau plan d’austérité est exigé par ses créanciers, notamment les banques françaises et allemandes. Après avoir largement poussé à la constitution de cette dette, ils exigent aujourd’hui de récupérer leurs billes. Et se livrent à un véritable chantage. Ou bien le gouvernement passe outre les diktats des financiers internationaux, et il ne pourra emprunter qu’à des taux exorbitants. Ou bien il se plie à leurs exigences, et il brade ce qui peut l’être des entreprises et du patrimoine publics.

Dans tous les cas, la crise est d’abord une aubaine pour les spéculateurs, un moyen de renforcer leur emprise sur l’économie du pays.

C’est d’autant plus scandaleux que, contrairement à ce qu’on entend parfois dire dans nos médias, la population n’y est pour rien. Comme chez nous, l’essentiel des ristournes ou exemptions d’impôt bénéficie au patronat. C’est lui également qui est responsable de l’essentiel de la fraude sur les systèmes de Sécurité sociale.

Une attaque brutale contre la classe ouvrière
Ce n’est pourtant pas lui qui va payer. Les Grecs seront soumis à l’impôt à partir de 8 000 euros de revenus annuels, contre 12 000 avant. Mais les armateurs – et l’Église orthodoxe – gardent leurs exemptions.

Haro sur les pensions de retraite, les allocations familiales ou chômage, mais pas touche au budget de l’armée ; les marchands d’armes français et allemands doivent faire des affaires. Une nouvelle taxe frappe les revenus, et la TVA augmente. Mais les seuls patrons mis à contribution sont l’équivalent de nos auto-entrepreneurs, autrement dit des travailleurs qui créent eux-mêmes leur petit boulot mal payé.

Au final, le remède risque de prolonger la crise. Les privatisations devraient rapporter 50 milliards d’euros à l’Etat. Mais elles le priveront aussi de revenus. Les salariés, les retraités, les chômeurs devront eux aussi couper dans leurs dépenses. Cette baisse de la consommation risque de se traduire par de nouveaux licenciements, alors que seul un départ à la retraite sur dix dans la fonction publique sera remplacé !

Vers une riposte ?
Mais la population et les travailleurs grecs ne sont pas prêts à se laisser faire. À l’image des « indignés » espagnols, un « mouvement des places » est apparu depuis fin mai. Le 5 juin, à son appel, 300 000 personnes manifestaient à Athènes et des dizaines de milliers d’autres dans les grandes villes. Dix jours plus tard, une grève suivie selon les secteurs par 80 à 100 % des salariés paralysait le pays. Les principales directions syndicales avaient appelé à rejoindre le « mouvement des places » pour redorer un blason largement terni par leurs liens avec les socialistes au pouvoir et leur manque de détermination à contrer ses plans d’austérité. Plusieurs dizaines de milliers de Grecs ont encerclé le Parlement tandis que les socialistes négociaient vainement avec la droite la formation d’un gouvernement commun, dans une atmosphère de crise politique.

Mardi et mercredi aura lieu une nouvelle grève générale. Pas seulement indignés mais déterminés – comme ils le disent eux-mêmes – à parer les mauvais coups annoncés, la population et les travailleurs grecs ne comptent que sur leurs propres forces. Et ils ont bien raison. Leur combat nous concerne de près.

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