Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins l'Étincelle du 16 août 2010
Décidément, nous aurons passé l’été dans un climat de surenchère raciste et xénophobe. Tandis que le ministère du travail annonce le chiffre de 255 000 destructions d’emplois en 2009, que les effets de la crise touchent durement les couches populaires, tandis que l’affaire Bettencourt n’en finit pas d’éclabousser des ministres et Nicolas Sarkozy, mettant en lumière les liens étroits entre la haute bourgeoisie et les dignitaires politiques à sa solde, que fait le gouvernement pendant ce temps-là ?
Vieilles ficelles
Il surfe encore et encore sur le thème de l’insécurité. Pour la énième fois, Sarkozy a déclaré la guerre aux « voyous » et aux « délinquants », mettant l’accent ce coup-ci sur ceux « d’origine étrangère ». Les derniers en date seraient les familles roms, particulièrement celles venues de Bulgarie et de Roumanie, condamnées à l’errance et à la précarité, ainsi que les gens du voyage en général. Ces familles, victimes d’un racisme ouvert partout où elles passent, à commencer par leur pays d’origine où la discrimination à l’embauche est quasi-totale à leur égard, n’ont d’autre choix que de s’installer là où elles peuvent. C’est sur elles que Brice Hortefeux a choisi de taper, annonçant le démantèlement de 40 camps illégaux en 15 jours et 700 reconduites à la frontière. Samedi matin à l’aube, quelques-unes de ces familles, en quête d’un logement depuis des années, ont encore été expulsées manu militari à Montreuil. Mais à Bordeaux les gens du voyage ne se laissent pas faire.
La criminalisation des nomades, vieille lune des politiciens réactionnaires de tout poil qui les traitaient autrefois de « voleurs de poules », n’est que le dernier avatar de la propagande que mène le gouvernement en quête de popularité par les moyens les plus nauséabonds.
Sarkozy, lors de son discours du 30 juillet à Grenoble, a promis un arsenal répressif pour faire la guerre aux voyous (ils seraient, selon lui, le fruit de 50 ans d’immigration et d’intégration ratée !). Et ses ministres ne tarissent pas de propositions rances telles que la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire, la prison ferme pour les parents de mineurs délinquants ou la déchéance de nationalité pour des délinquants « d’origine étrangère ». Ils espèrent bien, en faisant l’amalgame entre délinquance et immigration, enfoncer un coin entre les différents milieux des couches populaires, dresser une partie de la classe ouvrière contre l’autre.
Les vrais voleurs
Pendant ce temps, la patronne de l’Oréal, du haut de sa fortune avoisinant les 17 milliards d’euros, a délesté le fisc de 30 millions d’euros supplémentaires – en tout 100 millions depuis 2007 grâce à la mise en place du bouclier fiscal. Sans parler des services largement médiatisés que lui a rendus un petit ministre…
Pendant ce temps, les patrons font payer la crise aux travailleurs, ferment les entreprises et se frottent les mains en espérant que le gouvernement réussira à imposer sa réforme des retraites qui amputera encore les revenus des salariés à leur profit.
Derrière la guerre aux prétendus délinquants Sarkozy et son gouvernement mènent une vraie guerre contre les couches populaires et le monde du travail, c’est-à-dire l’immense majorité de la population. Il vient de donner son feu vert à EDF pour l’augmentation des tarifs. Les nouveaux actionnaires d’EDF ont vu, à leur plus grande joie, le prix des actions grimper de 5,38% lors de cette annonce.
Le 7 septembre en grève et dans la rue !
Si le gouvernement reprend la démagogie d’un Le Pen, c’est de peur que la classe ouvrière, ne retrouve l’envie de se battre, qu’elle ne réponde par la lutte aux attaques en règle qu’on lui porte. A nous de déjouer ses infâmes calculs. Puisque les confédérations syndicales nous appellent le 7 septembre, profitons-en pour descendre dans la rue et faire entendre notre colère. Exigeons dès maintenant que ce soit le patronat qui renfloue les caisses de retraite, c’est bien le minimum de ce qu’il doit aux travailleurs !