Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins L'Étincelle du 23 août 2010
La surenchère raciste et xénophobe de Sarkozy et de son gouvernement bat son plein. Pour l’heure c’est la communauté rom qui est dans le collimateur. Jeudi dernier 70 Roms ont été expulsés vers la Roumanie. Vendredi un autre avion transportant près de 130 Roms a décollé de l’aéroport de Roissy. De nouvelles expulsions sont également prévues pour le 26 août, au mépris le plus total de la liberté de circulation des personnes au sein de la communauté européenne. Ces expulsions forcenées surviennent quelques jours seulement après qu’Hortefeux ait démantelé des camps de fortune dans lesquels logeaient des centaines de familles roms.
Cette politique d’expulsions n’a pourtant rien de bien nouveau : en 2009, pas moins de 10 000 Roms ont été rapatriés vers la Roumanie ou vers la Bulgarie. Mais l’acharnement avec lequel le gouvernement s’évertue depuis le mois de juillet à fermer leurs camps et à les expulser, est monté d’un cran.
Tout ce branle-bas de combat est orchestré exclusivement à des fins électorales. Sarkozy surfe sur la vague de l’insécurité dans l’espoir de faire oublier la calamiteuse affaire Woerth-Bettencourt, le chiffre calamiteux lui aussi du chômage qui atteint les 2,6 millions, et sa côte de popularité qui n’en fini plus de tomber. Objectif : grappiller quelques points dans les sondages, reconquérir une partie de l’électorat du Front national en marchant dans ses pas et en appliquant sa politique nauséabonde.
Après les délinquants d’origine étrangère qu’il faudrait déchoir de la nationalité française, après les parents d’enfants délinquants qu’il faudrait mettre en prison, après les maires « laxistes face à l’insécurité », c’est au tour des Roms de servir de boucs-émissaires. Ces familles de nomades, victimes d’un racisme ouvert partout où elles passent, à commencer par leur pays où la discrimination à l’embauche est quasi-totale, n’ont pourtant d’autre choix que de s’installer où elles peuvent.
Dans ces conditions, comment appeler des hommes qui pour faire aboutir leurs petites combines politiciennes et pour satisfaire leurs aspirations électorales, désignent comme boucs-émissaires les hommes et les femmes les plus démunis, dont le seul crime est celui d’être pauvre ? N’a-t-on pas affaire là à des crapules ?
En faisant l’amalgame entre délinquance, immigration, Roms et gens du voyage, nos dirigeants espèrent bien enfoncer un coin entre les différents milieux des couches populaires, dresser une partie de la classe ouvrière contre l’autre. Si le gouvernement reprend la démagogie d’un Le Pen, c’est de peur que la classe ouvrière, ne retrouve l’envie de se battre, qu’elle réponde aux attaques en règles qu’on lui porte. Alors oui, nous sommes tous des Roms ! A nous de déjouer les infâmes calculs des délinquants qui nous gouvernent !