Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
Édito des bulletins l'Étincelle du 21 novembre 2011
Décidément, cela insupporte le gouvernement que les travailleurs malades bénéficient d’un revenu. Être malade, soit, à condition de venir au boulot ! C’est le sens du jour de carence, non payé, en cas d’arrêt maladie que le gouvernement vient de créer pour les salariés du public et d’ajouter aux trois déjà existants dans le privé.
Un trou ? Un gouffre ? Non. Une bonne excuse !
Le fameux « trou » de la Sécurité sociale sert une fois de plus de justification pour racketter les travailleurs. Mais cette fois, le gouvernement cache à peine ses véritables intentions. Ainsi, le ministre Laurent Wauquiez vante le salarié « qui joue le jeu quand il est un petit peu malade [en faisant] l’effort d’aller au travail ». C’est bien là l’enjeu : nous faire travailler jusqu’à l’épuisement ! Comme s’il ne suffisait pas que l’espérance de vie (surtout en bonne santé !) soit déjà beaucoup plus faible pour les ouvriers et les employés que pour les cadres. Comme s’il n’y avait pas déjà assez de pressions du patronat pour faire reprendre le boulot aux malades plus tôt que prévu !
Pour le ministre Wauquiez, prendre le salaire des malades est « responsabilisant ». Mais qui sont les irresponsables ? Qui impose les cadences infernales, met la pression sur les travailleurs, accroit la charge de travail, aggrave les conditions de travail ? Qui profite de la crise pour mettre les uns sur le carreau et faire travailler plus ceux qui restent ? Les irresponsables sont dans les rangs du patronat et du gouvernement.
Patrons fraudeurs, voyous, quémandeurs…
Sarkozy dénonce ceux qui « volent la Sécurité sociale », « ceux qui n’ont pas de dignité parce qu’ils tendent la main ». Mais qui vole ? Qui tend la main ?
Du côté du patronat, la fraude agit par tous les bouts. D’abord, en faisant tout pour ne pas déclarer les accidents du travail, normalement indemnisés par une caisse spéciale alimentée par les seuls employeurs. Or la Sécurité sociale estime à 1,1 milliard d’euros ce qu’elle paye à leur place par cette fraude. Une razzia de la part des employeurs à comparer avec les petits 700 millions d’euros que coûtent les arrêts maladie que le patronat (pas le médecin qui soigne !) trouve « abusifs » ou « trop longs ».
Mais le grand détournement patronal vient surtout du travail au noir, un manque à gagner de 9 à 15 milliards de cotisations non versées par les employeurs, selon le rapport… d’un député de l’UMP !
Le patronat : le vrai assisté qui tend la main la bouche pleine
Enfin, au delà de la fraude, il y a toutes les exonérations accordées par le gouvernement et qui, elles, sont parfaitement légales : exonérations sur les bas salaires, sur les heures supplémentaires, pour l’apprentissage, les emplois aidés, exonérations dans les zones franches, zones de redynamisation, zones de revitalisation, exonérations pour les repreneurs d’entreprise...
Les assistés, ce ne sont pas les travailleurs malades, ce ne sont pas non plus les allocataires du RSA à qui le gouvernement veut imposer de travailler gratuitement 7 heures par semaine. Les assistés, les vrais, ce sont ces patrons « qui n’ont pas de dignité parce qu’ils tendent la main » la bouche pleine !
C’est contre cet assistanat-là que les travailleurs doivent se battre. C’est contre lui que se battent ceux qui défendent leur emploi : à PSA, à SeaFrance, à Fralib, aux Fonderies du Poitou, à La Poste, dans l’Éducation et dans bien des entreprises petites ou grandes. C’est en unifiant leurs luttes et en les élargissant à l’ensemble du monde du travail que les travailleurs trouveront la force de se débarrasser de ceux qui les rendent malades !