Révolution ! est le bulletin jeunes de la Fraction l'Étincelle. Il est diffusé dans plusieurs lycées ou facultés en région parisienne et en province.
La grève générale en Espagne, jeudi dernier, a été largement suivie. Cette fois, les jeunes « indignés » étaient au coude à coude avec les travailleurs mobilisés.
C’était une première riposte à un projet de loi scélérat du gouvernement destiné à faciliter les licenciements, réduire les indemnités, flexibiliser les horaires, réduire les salaires. Qui s’ajoute à des réductions de budgets de santé, d’éducation, de logement et d’aides aux handicapés. Sans compter comme partout des hausses de prix. Sous prétexte de « difficultés économiques » qui comme ici, ne sont pas pour tout le monde. L’Espagne aussi a ses patrons cousus d’or.
N’oublions pas que les premières mesures d’austérité en Espagne ont été l’œuvre d’un gouvernement Zapatero, socialiste ! Exactement comme les premiers plans d’austérité drastiques en Grèce ont été lancés par Papandréou, socialiste ! Ces deux-là ont dû laisser sous peu la place, tant leur politique était décriée. Les gouvernements, de droite ou d’union gauche-droite, qui leur ont succédé approfondissent les mêmes mesures anti-ouvrières.
Voilà qui donne quelques doutes sur les perspectives de changement que certains nous brossent, ici en France, si François Hollande succédait à Sarkozy. Fichue alternance, qui change les têtes pour poursuivre la même politique contre les travailleurs !
Certes, bien nombreux sont ceux qui souhaitent que Sarkozy « dégage ». Et nous ne le pleurerions pas ! Mais c’est sa politique qu’il faudra dégager, celle des patrons et des banquiers, et toute leur cohorte d’actionnaires et de millionnaires. D’autant plus riches qu’ils nous pressurent davantage. Hollande s’apprête-t-il à autre chose que les égratigner ? La campagne se mène donc à coups de petites phrases prétendues assassines, Hollande pour reprocher au président sortant son amnésie, Sarkozy pour accuser son concurrent d’incompétence. Mais de s’entendre en tout cas pour ne proposer que de ridicules sparadraps aux plaies béantes des licenciements, du chômage, des salaires. Et ne parlons pas de Marine Le Pen, qui profite de l’écoeurement populaire pour distiller son venin xénophobe et tenter de diviser les travailleurs.
Alors Mélenchon, lui, n’a-t-il pas des propos plus musclés contre les riches ? Ne se flatte-t-il pas d’être révolutionnaire ? N’appelle-t-il pas, dans ses affiches, à rien moins que « prendre le pouvoir » ? Mais simplement en votant bien un 22 avril, après quoi lui seul pourrait faire le reste ? Son insistance à tempérer ses appels à la révolution en précisant qu’elle sera « citoyenne » ou « civique », c’est-à-dire bien sage et respectueuse de l’ordre capitaliste existant, est tout un programme.
Mais pas le nôtre.
Oui les travailleurs ont des intérêts généraux et immédiats à défendre : Pas question de payer leur dette. C’est dans les coffres des banques, renflouées avec notre argent, qu’il faut puiser.
Mais pour imposer ces mesures vitales, quel que soit l’élu de la présidentielle, il nous faudra engager des luttes d’ampleur, les faire converger dans une riposte nationale, et faire ainsi basculer le rapport de forces en faveur des classes populaires.
C’est ce que nous disent dans cette campagne Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière et Philippe Poutou du NPA.
Pour approuver cette perspective et préparer le troisième tour, celui des luttes sociales, le seul qui pourra compter, nous vous appelons à voter le 22 avril pour notre camarade Philippe Poutou, ouvrier dans l’automobile.